A l’heure où l’on a faim

Parce que l’un des besoins fondamentaux de l’être vivant est de se nourrir, et que l’être humain est le seul à avoir imposé la même heure à tous ses congénères  (un temps artificiel, divisé différemment selon les cultures et non dicté par « la gazelle est morte, vite, mangeons avant que les hyènes ne débarquent à 25 »), la liberté dans une école démocratique de type Sudbury est aussi de définir soi-même ses propres temps et modalités de repas.

Chacun a son propre rythme, son propre appétit : il y a les petits et les gros mangeurs, les grignoteurs et les partisans des découpages stricts. Ceux qui veulent partager, ceux qui veulent manger seuls.

A l’Ecole Dynamique, on voit donc le frigo s’ouvrir à toute heure : M., 4 ans, s’installe toute seule, souvent avant 11h, avec son repas froid. A., 3 ans, grignote 3 bouchées d’un pain au chocolat et de petits chaussons à la viande préparés par sa maman. C., 8 ans, réchauffait toujours son tupperware au micro-ondes. Depuis quelques jours, il arrive avec un petit paquet de spaghettis qu’il fait cuire à la casserole (quand il ne les renverse pas par terre !). Un groupe d’ado ramène souvent des barquettes bien odorantes du kebab d’en bas. A., 6 ans, aime se balader avec son sandwich (nous avons depuis défini une règle sur le fait de manger n’importe où dans l’école : il y a eu discussion en CE puis la règle a été votée : on mange dans le coin salon et la cuisine uniquement). Quant aux membres de l’équipe, ils mangent soit vers 11h pour accompagner les + petits (qui peuvent … oublier de manger le midi !), soit après 14h, voire même 15h… parce que nous n’avons pas eu le temps avant !

Chacun respecte son rythme et son appétit du jour, nous permettant également à nous, adultes, de nous libérer de nos habitudes : « ah mais oui, en fait, moi aussi j’ai faim, même s’il n’est que 11h ! Je peux m’installer à côté de toi avec mon repas ? ». M., 4 ans, veut systématiquement goûter tout ce qu’elle voit dans mon assiette.

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A terme, nous comptons organiser une « cuisine pédagogique » : une cuisine où chacun peut cuisiner, partager ses idées, ses savoirs-faire, avec des invitations affichées au mur. Notre premier « atelier cuisine » a eu lieu en 2nde semaine : je suis arrivée un jour avec des roses des sables fabriqués par mes enfants et M., 4 ans, qui veut toujours tout goûter, a eu une idée : « on peut en faire à l’école ?? ». L’atelier rose des sables a eu 4 participants (de 3 à 8 ans, ci-dessus), mais les roses des sables ont eu tellement de succès avec le reste des élèves et des membres de l’équipe que plusieurs voix se sont élevées pour redemander un atelier !

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-> Principe d’un atelier cuisine à l’Ecole : on informe de la date et de l’heure de l’atelier sur une feuille dans l’entrée (on peut passer l’annonce en CE en parallèle) puis chacun s’y inscrit s’il le souhaite. On définit un tarif de participation, pour partager le budget d’achat. Seuls ceux qui ont participé à l’atelier ont le droit de manger « le résultat ». Ils ont bien évidemment le droit de réclamer une part à un des participants). A la Sudbury Valley School il y a une vraie tradition de la cuisine, notamment grâce à une vieille dame, Margaret, qui venait souvent proposer des cours de cuisine (basiques ou plus complexes), ou encore une autre dame qui proposait des cours de nutrition. Les élèves ont également souvent organisé des soirées-cuisine pour vendre leurs créations et récolter de l’argent pour s’acheter du matériel…

 

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