Question de papa

Lors d’une discussion récente avec un parent intéressé par l’école (dont je tairais le prénom, mais il se reconnaîtra ;)),  est ressortie la même peur que je croise chez nombre de parents, et, autant le dire ouvertement, chez beaucoup de … papas… (tous les papas n’ont pas cette peur, mais disons que jusqu’ici, je ne l’ai pas vue chez des mamans !)

Cette peur peut être un vrai obstacle parfois, et peut même devenir carrément bloquante, au point de voir la personne se fermer comme une huître dès qu’on aborde la philosophie de l’école.

Mon papa anonyme s’évertuait à me dire qu’il n’était surement pas tout seul à bloquer là-dessus, alors abordons ce sujet ensemble, pour que tous les papas de France puisse entendre ce que nous avons à leur répondre à ce sujet. Parce que la question revient très souvent !

« C’est bien beau de savoir que les enfants sortant des écoles Sudbury américaines intègrent les universités de leur choix, mais on est en France, ici, et on sait comme le système d’entrée des grandes écoles est fermé, basé sur des dossiers, des notes… Alors comment serait-ce possible, en France ? Comment vont-ils faire ? Comment être sûr que mes enfants pourront accéder aux études de leur choix, quelles qu’elles soient, qu’on leur en ouvrira les portes ?? »

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Bref, la grande peur de ces nombreux papas est d’engager l’avenir de leurs enfants, en se projetant déjà vers leurs 18 ans, vers le moment où il faudra déposer des dossiers pour accéder éventuellement à des universités ou des grandes écoles…

(d’ailleurs pour être honnête, j’ai beau venir de la Fac avec des études d’histoire et d’histoire de l’art qui ne m’ont servi à rien, c’était également un de mes grands questionnements au début de cette aventure… et puis j’ai compris qu’il me fallait me décentrer par rapport à cette question, qui devenait vite « hors timing » – explication au long de cet article !)

Ce qui est le + paradoxal dans cette peur bloquante, c’est que les papas de mon entourage qui sont concernés sont, certes tous issus de ces grandes écoles, mais tous dans un mal-être lié à ce chemin tout tracé qu’ils ont suivi sans forcément décider consciemment que c’était le leur… Et qui se retrouvent à 30, 40, 45 ans, dans une impasse : « Qu’est-ce qui me passionne, au fond? », « Quel job pourrait réellement m’intéresser ? », « Comment je peux faire pour quitter ce job qui m’étouffe ? »

Ce mal-être pourrait être (devrait être) la clé pour libérer leurs enfants de ce chemin de souffrance (des papas concernés que j’ai croisé, tous ont un ou plusieurs enfants en souffrance à l’école), leur permettant par là-même de se libérer eux-mêmes de ce passé douloureux… et de trouver eux-aussi leur voie, il n’est pas trop tard !

Mais c’est tout le contraire qui se passe, car ils ne font qu’enfouir ces peurs au lieu de les mettre à jour… C’est parfois + facile de rester dans le système (et donc la norme) quitte à ne pas s’y épanouir et/ou souffrir, que de prendre le risque d’en sortir. Car si l’on sait que l’on peut en souffrir de l’intérieur, on ne sait pas ce qu’il y a… dehors. Et on y voit forcément le pire.

Ils savent que cette voie peut broyer, mais ils tiennent à s’assurer qu’elle restera malgré tout ouverte pour leurs enfants… sans cela, point d’Ecole Dynamique !

C’est comme si certains de ces papas avaient la partie du cerveau « prise de risque-danger », pour eux-mêmes ET leurs enfants, en mode alarme permanente…

danger

Si je vous parle de ces papas en particulier, c’est parce que les mamans sont, elles, persuadées au plus profond de leur être que l’Ecole Dynamique est faite pour leurs enfants… Que c’est peut-être le seul endroit où ils y seront épanouis, où ils pourront y développer leurs potentiels, où ils pourront y apprendre à vivre et à grandir sans les étiquettes de « dys », « TDAH » & Cie que l’école traditionnelle leur a collé sur le dos, et dans lesquelles ils se débattent… Certaines de ces mamans voudraient me voir convaincre leurs maris…  Mais je ne peux pas les convaincre…! Je ne suis pas psy, et ce n’est pas mon rôle de les « convaincre » du bien-fondé de notre école pour leurs enfants, mais j’essaie d’y opposer quelques éléments de réponse :

  • on ne peut pas prendre cette décision (mettre ses enfants à l’Ecole Dynamique) tout en se projetant et en se focalisant uniquement sur l’avenir, dans 5, 10 ou 15 ans, selon l’âge de ses enfants : on doit accepter de lâcher-prise et de vivre dans le présent. De penser à ses enfants MAINTENANT. Car sinon, on ne fait que projeter ce qu’ils seront, ce qu’ils feront, et c’est antinomique avec le fait même de s’ouvrir et de mettre ses enfants dans notre école !
  • pour faire face à l’argument qui suit à coup sur, je réponds : ne pas se projeter dans le futur de la sortie de l’école, penser à l’ici et maintenant, ce n’est pas pour autant prendre à la légère l’avenir de nos enfants !! (je le dis car je l’ai entendu aussi) C’est penser au contraire + fort à nos enfants, en leur laissant la chance de se développer de la façon la plus optimale possible, en leur laissant la chance de pouvoir décider par et pour eux-mêmes, ici et maintenant. Peut-être même que si l’un de nos enfants décide d’une voie qui l’amène à entrer dans une grande école, il décidera de faire ce qu’il doit (revenir vers le lycée, par ex). Peut-être qu’il saura se battre pour accéder à ses rêves, car il aura eu la place et le temps de se créer des outils pour cela. De se battre pour ses convictions. Et peut-être que s’il ne bat pas ou pas suffisamment (à notre goût), c’est ce que cette voie n’est pas la sienne, au final. Point.
  • on ne peut pas pas se projeter car on ne sait absolument pas de quoi le futur de nos enfants et celui de la société seront fait : peut-être qu’ils trouveront une voie qui les mène ailleurs (pas vers ces grandes écoles qui demandent un dossier), peut-être que l’horizon s’ouvrira d’ici là (que ces écoles décideront de recruter sur dossier de motivation et de compétences, pas sur dossiers de notes), peut-être que… peut-être surtout qu’on ne peut pas se projeter car c’est vain !

Oui, nous ne savons pas de quoi demain sera fait. Nous ne savons pas non plus quelle sera la position des universités et grandes écoles dans 5, 10, 15 ans, face à nos enfants, qui sortiront de l’Ecole Dynamique où ils auront fait toute leur scolarité….

Mais pouvons-nous en être pour autant certains si nous laissons nos enfants dans le système classique par peur de les en faire sortir ?

L’alternative est-elle de laisser nos enfants dans le système classique, quitte à les voir se débattre, ne pas s’y épanouir voire même souffrir, juste pour nous rassurer qu’ils pourront éventuellement avoir un dossier avec des notes et des évaluations à présenter à 18 ans ? Quel prix à payer !!

Mon papa anonyme veut des exemples concrets, des chiffres ! Je n’ai pas de chiffres… je ne connais pas ces quelques enfants issus du unschooling français qui ont réussi à intégrer les universités, les formations diplômantes, les grandes écoles. Parce que le unschooling n’est pas encore très développé en France, parce qu’il y en a peu qui sont passés par là…

***

Quelque part, j’ai pris conscience avec ces discussions que nous sommes des pionniers.

Nos enfants seront des pionniers. 

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Etre un pionnier c’est prendre des risques, c’est évident. Mais c’est tellement passionnant, ça rend tellement vivant !

Qu’est-ce qu’une vie sans prise de risque ? Notre société nous englue dans cette zone de confort, ce « connu » dans lequel il est si difficile de sortir…

Et si cela fait peur, ne perdons pas de vue que ce continent inexploré que nous allons parcourir avec nos enfants ne comporte ni animal sauvage, ni tribu anthropophage, ni torrent déchaîné à traverser… Pas de danger mortel à tout moment, juste la société que nous connaissons et que nous savons parfois si injuste, si cruelle, si inadaptée à nos enfants…

Nous avons souffert de cette société et de son école, nos enfants souffrent à cause d’elles également, à différents niveaux : en jugeant, en étiquetant, en comparant, en écrasant, en réduisant au silence, en éteignant la flamme présente en chacun d’eux. Pourquoi diable devrions-nous répéter cela et continuer à nous y conformer ?

Qu’est-ce qu’on y gagne ? Qu’est-ce que ces papas y ont gagné, en suivant la route toute tracée des prépas, des grandes écoles, des MBA ? Pas grand chose à part du mal-être et une sensation de perdition, si je regarde autour de moi… Alors pourquoi se cramponner à cette peur que leurs enfants ne puissent éventuellement pas suivre leurs traces ?

Etre des pionniers, ce n’est plus partir à l’inconnu avec sa maison dans un chariot, sa pioche et son fusil : c’est ici et maintenant décider que nous offrons à nos enfants d’autres outils : ceux qu’ils vont se forger eux-mêmes, ceux qui les aideront à trouver et à creuser leur voie, en s’adaptant à la société sans la subir de plein fouet.

Nos enfants auront alors la possibilité d’y trouver une place et de l’utiliser à bon escient, non plus de la subir.

Une fois qu’ils auront trouvé cette place, nous les y accompagnerons, à l’Ecole dynamique, et les aiderons à ce que ce rêve devienne réalité. (mais impossible de vous donner les modalités de tout ça à l’heure où j’écris ce message… Chaque parcours et chaque levée d’obstacle seront différents et uniques ! Et je ne vais pas non plus vous dire que nous allons dès aujourd’hui frapper à toutes les portes des universités et grandes écoles pour leur demander « si éventuellement… »…)

***

Si l’on peut résumer le dilemme ainsi, face à cette peur de prendre « la bonne ou mauvaise » décision pour son enfant, il faudrait pouvoir remplacer la question :

« Que dois-je faire en tant que parent pour que mon enfant puisse intégrer les études de son choix dans 5 ou 10 ans ? »

par :

« Que puis-je faire pour permettre à mon enfant de se développer dans les meilleures conditions, dès aujourd’hui ? »

Je ne dis pas que c’est facile, loin de là… mais la solution est peut-être, pour ces papas, de changer de temps… Ne plus se focaliser sur le futur et ce qui adviendra (peut-être), mais se focaliser sur le présent, sur ce qui va pouvoir se développer, dès aujourd’hui.

Et le reste suivra…

Bon finalement, est-ce que je vous ai convaincu, là ?

minion

(hihi)

***

J’invite tous les papas (et pas que !) qui sont passés par là et ont réussi à dénouer leurs blocages et tous ceux qui sont bloqués par cette question à s’exprimer dans les commentaires.
Et j’invite les jeunes adultes unschoolers qui ont rejoint fac, grandes écoles ou toute autre structure diplômante à venir raconter leur parcours, s’ils passent par là : leurs réussites et leurs obstacles !

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12 réflexions sur “Question de papa

  1. J’ajouterais 2 arguments supplémentaires :en quoi l’école d’aujourd’hui , la publique bien sur , prépare t elle le mieux à ces fameuses grandes écoles ?
    Quelle société sera encore « debout » dans 10/15 ans ? surement celle qui sera sortie des têtes et des cœurs des plus créatifs, c’est à dire de personnes qui ne sortiront pas des formatages habituels. Préserver l’avenir de nos enfants c’est leur permettre de penser par eux même, et peut être aussi d’être « désobéissant » ce que nous les adultes d’aujourd’hui nous ne savons pas faire …!

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  2. L’unschooling ou les écoles démocratiques doivent être fondamentalement un projet familial, sinon ça n’a pas de sens selon moi. Ça signifie réfléchir en AMONT à toutes ces questions (même s’ils les parents conservent des peurs tout le long du processus).
    Je suis donc très étonné que des parents soient « à la traine » dans leur démarche intellectuelle alors que leur enfant est en train d’expérimenter cela (ou alors ce sont des parents qui se demandent encore s’ils vont faire cette démarche, et dans ce cas ma remarque n’a plus d’intérêt). Il y a limite un accompagnement à faire en amont pour réfléchir et faire réfléchir à ce projet familial, en leur faisant se poser les bonnes questions. C’est mon avis.

    Pour ce qui est de la suite des études et de la carrière de ces futurs adultes, cela ne va pas les rassurer (et pourtant!) mais notre société dans 10 ans (le temps d’arriver au bac) aura déjà beaucoup changé, encore plus dans 15 ans (le temps de se former). Je suis témoin de ces changements conséquents qui pour le moment paraissent marginaux aux yeux du grand public (quand ils sont tenus au courant, merci les grands médias).
    D’une part, une partie conséquente des emplois à ces échéances n’existent pas à l’heure actuelle. D’autre part, la façon de se former et de trouver des emplois est en pleine révolution. Il n’y a qu’à voir comment réagit la génération Y à la crise de l’emploi et face à des perspectives sombres.

    Sans entrer dans les détails, je conseillerais à ces parents (et ça me fait mal de préciser ces « papas ») de mieux s’informer sur les enjeux de notre société qui est en train d’être bouleversée (en commençant par arrêter leurs canaux d’informations habituelles). Cela leur montrera que ceux qui ont le plus de chance de tirer leur épingle du jeu sont ceux qui seront dotés des qualités et compétences personnelles développées dans ce type d’école (au hasard, l’adaptabilité, la résilience, l’empathie, la coopération, la créativité…). Le monde qui s’ouvre devant nous a besoin d’innovateurs et non d’êtres humains formatés.
    « On ne résout pas les problèmes avec les modes de pensée qui les ont engendrés » – Einstein

    Bien à vous

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    1. Bonjour Arnaud
      oui, les familles dont je parle n’ont pas encore mis leurs enfants à l’Ecole Dynamique.

      Et je suis tout à fait d’accord : les familles ont besoin d’accompagnement en amont : c’est ce que nous avions fait avant l’ouverture de l’école avec les premières familles : ceux qui le souhaitaient venir discuter, échanger, poser leurs doutes, leurs peurs, et nous tentions de notre mieux d’y répondre !
      Ces mêmes parents ont exprimé encore une fois ce besoin lors d’une de nos AG, avec la volonté de continuer ces réunions d’échange régulièrement.

      Concernant ta remarque sur l’évolution des carrières, moi je ne trouve pas qu’elle soit de nature à inquiéter ces parents mais au courant à les rassurer : à quoi bon s’accrocher à un modèle qu’on sait mauvais quand en + on comprend qu’il aura encore moins de sens dans 10 ou 15 ans ??
      Et pour répondre également à ta remarque sur le fait d’arrêter les canaux habituels : pour connaître certains de ses papas, ils ne sont même pas dans ces canaux d’information et sont les premiers à se renseigner sur l’évolution de la société : ce qui montre qu’encore une fois, en position de parent, on peut se retrouver dans une position très très paradoxale !!!

      Tu dis que tu es témoin de ces changements : dans quel contexte ?
      Marie

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      1. Merci pour cette réponse, je comprends mieux la situation maintenant.

        Je suis en veille documentaire sur les nouvelles pratiques notamment dans l’éducation et l’emploi des jeunes dans le cadre d’un projet en économie sociale et solidaire. Et je vous suis avec une très grande attention!
        D’ailleurs j’espère pouvoir venir à vos portes ouvertes la semaine prochaine.

        Bien à vous

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    2. et… je suis totalement d’accord avec le fait que les écoles démocratiques (comme le unschooling) doivent être des projets familiaux… ce qui explique la difficulté de certains couples qui ne sont pas d’accord à ce sujet à propos d’y mettre ou non leurs enfants…

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  3. Bonjour,

    Je suis la maman aujourd’hui âgée de 50 ans, de 2 hommes de 25 et 21 ans.
    Après lecture très attentive du post de Marie, je vous propose – si vous en convenez – mon témoignage en toute réflexivité, au mieux 🙂

    Avant tout, voici une contextualisation dans le but d’éclairer mes propos :
    Les méthodes scolaires de l’époque (années 68 à 78) ne convenait pas à la fillette curieuse, joyeuse, pipelette, joueuse, que j’étais (j’en ai des souvenirs encore très nets).
    Il s’agissait d’une école puis collège catholiques avec des enseignants majoritairement religieux et quelques laïques.
    Je suis reconnaissante de la bienveillance avec laquelle certaines de ces personnes m’ont considérée et permis de ne pas faire un rejet total du système.
    Très tôt dans l’enfance, j’ai porté sur Dieu et l’école un regard critique pour tenter de réduire les dissonances cognitives qu’engendraient des comportements que je considérais comme des injustices.
    Cela m’a aidé aussi à ne pas sacralisé l’école et les études supérieures et surtout à me construire une pensée tournée plus vers l’aspect pratique de ma vie.
    Je me disais que je devais travailler pour gagner de l’argent qui me permettrait de réduire – autant que faire ce peut – mes liens de dépendance dans la société.

    Ce parcours, étayé par ma personnalité a sûrement contribué à ce qu’il me soit plus facile, devenue parent, de « lâcher prise » et surtout de ne pas culpabiliser (avouons-le cette démarche est très française ; culpabiliser, faire culpabiliser) ?
    N’oublions pas de faire confiance à nos enfants 🙂

    Je vous l’accorde, aujourd’hui le climat social tend plus vers la sinistrose que le positivisme.
    Et si nous choisissions l’effet pygmalion plutôt que l’effet golem ? J’aime garder à l’esprit notre libre arbitre et que ce qui fait du bien est contagieux 🙂

    J’ai accepté – non sans peurs et divergences – que mes enfants fassent leurs choix ; ils sont aujourd’hui totalement autonomes (vivent chez eux), ont un emploi qu’ils apprécient. La peur n’empêche pas le danger me disais-je ; il est important qu’ils aient le choix, qu’ils décident vers où il vont.

    Dernièrement l’ainé m’a fait part de son envie de reprendre les études – aujourd’hui cela est possible grâce à la Formation Tout au Long de la Vie 🙂 – car après 6 ans de vie active (il a commencé à travailler à 19 ans après le bac) son projet personnel/professionnel s’affine et il sait plus clairement ce dont il a besoin.
    Son frère électronicien (Bac pro) est satisfait de son contrat de travail, jusqu’au jour ou peut être il aura envie d’autre chose ?

    Sans avoir le Bac, j’ai validé un Master en sciences de l’homme et de la société (à 44 ans) et suis satisfaite de mon parcours atypique qui m’a ouvert des horizons, des rencontres, des moments, riches et nourrissants ; je ne me souviens plus des obstacles… y en a-t-il eu ?

    Nous sommes tous différents et pourtant semblables.

    Ce que j’ai réalisé fut aussi possible par les rencontres avec des personnes devenues chères à mon cœur qui ont cru en mes capacités, m’ont insufflé confiance et accompagné dans mon évolution personnelle.

    Peut être que les personnes qui n’osent pas se mouiller par peur de l’échec croient éviter des obstacles. Cela n’empêche pas que d’autres problèmes surgissent. Voir le gain plutôt que la perte ?

    Je connais des personnes de tout niveau social ou d’études. Je ne remarque pas plus de satisfaits de leur vie dans les milieux aisés financièrement ou élevés intellectuellement.

    Merci aux fondateurs, acteurs, adhérents de l’École Dynamique pour ce que vous proposez.
    Le chemin se fait en marchant (A. MACHADO), en France comme partout ailleurs non sans peur. Se distancier face à l’adversité peut-être un exercice aidant ?

    Je vous propose de vous promenez vers la sérendipité (cf. sérendipity) et l’écologie de l’action (E. MORIN).
    Saviez-vous à ce propos que la tarte tatin est le fruit d’un accident ?

    J’aime bien à ce propos la pensée de Jean PIAGET « apprendre c’est prendre conscience et non suivre une voix toute tracée, la meilleure fut-elle ».

    Et tout à fait d’accord avec celle de EINSTEN 🙂 Changeons de Paradigme !

    Bien à vous

    Mathéa de Corse du Sud

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  4. Deux liens majeurs sur les nouvelles façons de faire du management et donc sur les nouvelles organisations en entreprise qui j’espère sont le reflet de ce qui sera l’esprit du travail dans le futur (Ça aidera certains à sentir le vent du changement même dans le domaine de l’entreprise et donc par conséquence j’imagine dans le recrutement aussi) :

    2014, Frédéric LALOUX, L’émergence d’un nouveau paradigme de gestion (1h43min)

    2014, Martin MEISSONNIER, Le bonheur au travail (avec entre autres Isaac Getz et Vineet Nayar)

    Petit jeux : retrouver ces auteurs dans les meilleures ventes de livres catégorie Management chez Amazon :
    http://www.amazon.fr/gp/bestsellers/books/301976/ref=zg_b_bs_301976_1

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  5. Bonsoir,
    Merci Marie pour ce nouvel article qui m’a beaucoup intéressé.
    Je te rejoins complètement sur ton analyse: le papa en question est juste en train de projeter sur son enfant son propre vécu. Et le unschooling comme les écoles démocratiques semblent renvoyer aux parents tous leurs blocages, dixit A.S.Neil dans Libres Enfants de Summerhill dans un passage que je lisais justement cet après-midi ! Mais le livre qui m’a le plus ouvert les yeux sur cette idée est ‘C’est pour ton bien’ de Alice Miller, pour ceux qui ne l’auraient pas encore croisé.
    Sinon je me permets d’apporter également un argument plus consensuel. l’OCDE estime que dans 20 ans, 60% des métiers qui existeront n’existent pas encore à l’heure actuelle. Pensons avec quelle vitesse des professions se sont créées ou existaient très peu avant ces trentes dernières années : les professions de l’informatique, auxiliaires de vie à domicile, web designer, community manager, thérapeutes,… et tous ceux que je ne connais pas. Dur de se projeter dans une profession comme certains parents l’ont fait.
    Cette diversité de nouveaux métiers rejoint un autre constat: les free-lances constitueront 40% de la population active aux USA. En France, ils sont 15% de plus chaque année. Avec un salaire moyen de 54 kE pour les free-lances dans les services (chiffres de l’INSEE), cela devrait rassurer certains papas sur deux points : sachant que le fonctionnement des free-lances est un mode de réseau, une école telle que l’école dynamique renforce cet aspect relationnel de respect mutuel et d’entretien des relations, et ces réseaux considèrent plus les compétences et les réalisations que les diplômes.
    Si cela peut apporter quelques idées à cette vraie question.

    Bien à vous,

    Yann

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  6. Voici en lien, une vidéo animée par Sir Ken ROBINSON, autour des dimensions philosophique, anthropologique, sociologique, économique de l’école. Tank you so much Sir.

    Peut être connaissez-vous déjà ? Sinon ; enjoy !

    Belle journée à toutes et à tous

    Mathéa

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  7. Je pense que ce n’est pas forcément un paradoxe si les personnes qui se posent cette question sont justement des personnes qui sont issues de ces « grandes écoles ».

    Car derrière cette question, le parent est obligé d’affronter sa propre situation. Comme je l’écris dans la page de mon blog :
    « Comment je peux être bienveillant avec les enfants, si je n’arrive pas à l’être avec moi-même ?
    Comment je peux développer leur confiance en soi, si moi-même j’en manque ?
    Comment je peux lui apprendre à être libre, si je vis avec un sentiment de contraintes ? »

    Bienveillance commence par soi, liberté commence par soi, confiance en la vie commence par sa propre vie…
    http://education-bienveillante.fr/5-bienveillance…/

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  8. Pour les papas (et leur défense !), je fais remarquer :
    Jusqu’aux années 70, le pouvoir éducatif appartenait aux mères (c’est l’impasse de l’excellent ouvrage de Yves Bonnardel « la domination adulte »), les pères se contentant en général de faire régner l’ordre. Ils n’étaient même pas autorisés à assister à la naissance… et ils ne le demandaient pas !
    Jusqu’à cette période, je ne voyais jamais un père venir à l’école parler de ses enfants ou de l’école.
    Ce n’est qu’à partir de ces années qu’on a commencé à entrevoir le partage des pouvoirs et responsabilités éducatives et affectives, parallèlement d’ailleurs à l’implication économique de plus en plus grande des mères dans les familles par l’apport d’un salaire, même si le partage des tâches familiales ne suivait pas forcément.
    Cette révolution culturelle n’est donc que récente. A partir du moment où les pères sont venus dans l’école, j’ai très souvent observé au cours des fréquentes et régulières rencontres collectives que nous faisions que c’était seulement à cette occasion que ce nouait un dialogue entre parents d’un couple à propos de l’éducation de leurs enfants, comme si un tabou se levait.
    Je ne pense pas que ce que fait très justement remarqué Marie soit dû à une perception masculine différente. Cette implication et prise de responsabilité affective des pères est nouvelle, et toute responsabilité implique des risques à prendre qu’il n’était pas dans l’habitude de prendre (les habitus inscrits dans l’inconscient collectif). La sécurité est souvent pensée dans la conformité, et c’est bien la conformité qui a assuré pour beaucoup d’hommes la position sociale. Il faut qu’ils s’en débarrassent !

    J'aime

  9. Papier intéressant mais très réducteur dans les prémisses.
    Les papas seraient les seuls à poser cette question (même
    si il est précisé qu’il s’agit juste d’un constat) et
    que ces papas seraient ‘tous’ issus des grandes écoles.
    Un dénigrement ridicule et risible. L’être humain est apparemment
    le seul animal à se projeter dans l’avenir et à tenter de choisir
    la route la plus propice pour minimiser les dangers et maximiser
    les bienfaits. Il se pose donc la question. C’est une bonne chose.
    Car il doit se focaliser ‘un peu’, ‘parfois’ pour avancer même si
    cela lui coûte. Il ne remet donc pas tout en question au risque
    de se paralyser temporairement ou définitivement. On peut bien sûr
    être ‘hors système’ dans tous les cas ou bien dans seulement une partie,
    la proportion pouvant évoluer temporellement. Le ‘dossier’ d’entrée
    aux grandes écoles est une question légitime, importante même si
    ce n’est absolument pas l’alpha et l’omega. La ‘route toute tracée’
    ne l’est pas car de grandes souffrances potentielles s’y trouvent tout du long.
    L’avenir est flou et doit le rester. Sinon la liberté est fortement réduite.
    De très nombreuses alternatives existent aux grandes écoles et en particulier
    l’entreprenariat. Questions et réponses. Arguments pesés, aggrégés en une
    compréhension claire qui permet d’apprécier au mieux cet apprentissage libre
    qui donne une nouvelle clef pour transformer le futur en donnant, en écoutant et
    en souriant à toutes les contraintes qui ne manqueront pas de se présenter sur le chemin.
    Vive l’école libre !

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