Une découverte qui transforme

Depuis la naissance de l’Ecole Dynamique en septembre 2015, il s’est passé de drôles de choses…

Nous avons jugé primordial, dès le début, de communiquer au maximum sur notre philosophie et notre école, ne souhaitant pas juste « créer » l’Ecole Dynamique dans notre coin, mais au contraire la créer dans une volonté d’ouverture et de partage transparent. Mais si on nous avait alors demandé ce qui allait se passer par la suite, je crois qu’aucun d’entre nous n’aurait pu imaginer l’écho incroyable qu’a eu l’ouverture de notre école !

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Le pouvoir du partage sur internet est une drôle de chose…

Pour moi écrire a toujours été une passion, depuis toute petite. Internet arrivant, j’ai découvert les blogs, puis je suis passée « naturellement » à l’écriture de livres, mon rêve de toujours (je me souviens qu’enfant, j’avais déjà ce fantasme de l’écrivain vivant d’écriture et de café d’eau fraîche, assise jour et nuit devant ma machine à écrire/ordinateur, blottie dans un chalet perdu près d’un lac au Canada 🙂 – Rêve que je ne manquerai pas de réaliser un jour : quelqu’un a un chalet dispo ? –

Bref, de mon côté, le pouvoir de l’écriture et du partage « vivant », rendu exponentiel grâce à internet, a pris une sacrée dimension sur ce coup là… Je vous avoue que le succès des premiers articles du blog m’a beaucoup impressionnée au début, me mettant sacrément la pression !

Faire comprendre notre philosophie, partager notre quotidien, nos expériences, nos boîtillements et nos petits bonheurs… c’est tellement passionnant !

(spéciale dédicace en passant à mon acolyte-blogueur Antoine, de l’Ecole Autonome, pour avoir soulagé un peu la pression en écrivant de beaux articles ;))

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C’est que le sujet se prête bien à l’écriture et au partage, et on réalise très vite, en échangeant de vive voix ensuite avec les gens (et avec vous, notamment ;)), à quel point la découverte, parfois totalement fortuite, de la philosophie des écoles démocratiques, et dans notre cas du modèle Sudbury, peut être profondément bouleversante…

Bouleversante au point de réveiller de vieux démons, ou de vieux rêves…

Bouleversante au point d’éclairer le passé comme un lampadaire qui se rallume dans la nuit, nous permettant de voir enfin d’où venait ses ombres…

Bouleversante au point de croître de façon autonome, sans même qu’on y pense : il suffit d’avoir entendu parler de ce nouveau modèle pour sentir que quelque chose est en train de bouger en nous…

Bouleversante au point de réaliser que ce n’est pas « juste » un modèle d’instruction, un modèle d’éducation aux apprentissages scolaires, mais bien toute une vision de l’éducation, et de notre rapport à l’enfant…

Bouleversante au point de pousser certains d’entre vous à transformer leur projet d’école existant, bouleversante au point de pousser certains d’entre vous à se lancer dans l’aventure de la création de leur propre école !

Bouleversante au point de pousser certains d’entre vous à traverser la France entière pour venir découvrir, échanger, partager lors de nos week-end EUDEC (et beaucoup rire aussi, et pas mal pleurer !!)

Bref : c’est une découverte qui ne laisse personne indifférent… que ce soit en positif ou en négatif : quelle violence parfois dans le rejet !

Alors j’ai trouvé super intéressant de vous proposer de partager vos expériences (appel lancé il y a quelques semaines sur la page FB de l’Eudec France) : qu’est-ce qui vous a touché, qu’est-ce que ça a remué en vous ? Qu’est-ce qui a poussé, après cette découverte ?

Vous êtes 13 à m’avoir répondu, j’ai laissé vos réponses telles quelles : à vous !

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# Comment avez-vous découvert cette philosophie ? 

– Deux personnes m’ont parlé de l’école Sudbury en l’espace d’une semaine : l’éducatrice de l’école Montessori de ma fille (Sandrine, proteuse d’un projet dans le Val d’Orge) et l’animatrice des Ateliers Parents de l’année précédente (Jelena)

– Je l’ai découverte grâce au TED de Ramin qui avait été partagé par Printemps de l’éducation. (Nergis) / partagé par une amie (Nathalie)

– Suite à la création de l’école dynamique. Une autre approche (parmi tant d’autres) que je ne connaissais pas, une alternative à l’école et un prolongement logique de l’IEF. Je suis allée aux portes ouvertes et j’ai vu « être et devenir » puis j’ai écouté les interventions de Ramin. (Bénédicte)

– Je ne sais plus exactement, par petits bouts, sur internet : André Stern, Bernard Collot et son école du troisième type, Ecole Dynamique, Sudbury, « Etre et devenir »… je ne sais plus dans quel ordre, mais j’ai exploré tout ça dans tous les sens (Maria)

– Par le blog du Club dynamique (à l’époque), en visionnant la video Sudbury : le comportement des petits qui y parlaient et leur présence m’ont “juste” scotchée !  (Sandra)

– J’ai découvert cette philosophie avec la publicité faite par l’ouverture de l’école dynamique fin 2015. (Deborah)

– La page facebook « Education Joyeuse » a partagé un lien expliquant la création de l’Ecole Dynamique. Je ne sais plus si c’était un article ou une vidéo de vous. (Emmanuelle)

– En cherchant sur Google « école différente Paris » j’ai découvert l’Ecole Dynamique. Mes dernières recherches dataient d’il y a 2 ans. Jai manqué de peu de faire partie des premiers 🙂  (Julie)

– J’ai découvert la parentalité bienveillante en accueillant mon premiere enfant. Je n’avais pas conscience que ca allait tellement me bouleverser… J’ai appris à l’ecouter, repondre à ses besoins et je l’ai vu s’emerveiller à la vie. Des lectures comme « Le Concept du Continuum » m’ont appris à lâcher prise, et Filliozat à accueillir l’enfant et moi-même. J’ai voulu partager cela avec d’autres familles pour me sentir soutenue et c’est comme ça qu’est née l’association Graines d’Enthousiasme.
Naturellement j’ai été amenée à questionner l’éducation scolaire, tant elle tend à reduire les individus à un moule qu’on choisit pour eux plutôt que de les laisser être eux-même. J’ai découvert André Stern et son livre, puis l’ai invité à venir nous parler. J’avais juste envie de crier sur tous les toits pour permettre au monde entier d’ouvrir les yeux comme cela a été pour moi : une révélation. Car non nous ne sommes pas obligé de passer par ces longues heures et journées et mois et années sur les bancs de l’école pour vivre… Cette prise de conscience, une fois engagée, transforme l’individu. Les apprentissages autonomes ça existe et ça se vit. (Catherine)

– En 2006 j’ai commencé à découvrir Summerhill, lectures, videos, puis d’autres pédagogies (Freinet, Montessori, steiner, etc). J’ai découvert les apprentissages autonomes et j’ai enchainé sur la connaissance de Sudbury grâce à l’École dynamique finalement. Et c’est à ce moment là que j’ai été convaincue et que j’ai gagné en confiance. Me voila dans un tel projet aujourd’hui. (Kinou)

– Début d’année 2014, je suis en Terminale Littéraire. Je me plains fréquemment auprès de mon cercle d’amis de la frustration ressentie devant les cours d’une professeur de philosophie terriblement didactique et académique subie 9h par semaine, devant le manque de sens de toute notre scolarité qui n’a pour finalité qu’un diplôme obtenu après des examens inutiles,…bla et bla. Ma copine déterre au CDI par le plus grand des hasards « Libres Enfants de Summerhill » dans une vieille édition des années 70, en deux exemplaires. On en pique chacun un et c’est parti. (Pierre)

– Via FB je demandais les motivations des mamans qui font école à la maison et elles m’ont parlé de l’école démocratique (Sandrine)

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# Qu’avez-vous ressenti sur le moment ?

– Une grande impatience de pouvoir en parler de vive voix avec Sandrine notamment, d’autant plus que c’était en période de réinscription pour l’école de ma fille. (Jelena)

– J’étais complètement bouleversée. C’était la veille de la reprise des cours après les vacances scolaires de février, j’ai vu la vidéo au moment où je m’apprêtais à préparer ma semaine. Je n’ai bien entendu finalement rien préparé ce jour-là. Mon excitation était telle, mon coeur battait tellement fort que j’ai immédiatement su que c’était le début d’une nouvelle aventure. (Nergis)

– Surprise et rassurée. Je ne pensais pas possible ce genre de structure en France. Et rassurée car enfin l’apprentissage informel extra familial pouvait prendre vie. J’étais convaincue du bien-fondé, de la logique d’apprentissage. Je fais court !!! (Bénédicte)

– J’ai été enthousiasmée dès le début, excitée, avide d’en savoir plus, de voir tout ce qui se fait. Avec des doutes quand même, mais qui se dissipaient (et se dissipent encore) au fur et à mesure (Maria)

– Ben, scotchée d’abord, titillée dans ma curiosité ensuite (quelle pédagogie les fait en arriver là ?) (Sandra)

– J’étais déjà renseignée sur les apprentissages autonomes et totalement convaincue.  J’ai été heureuse d’apprendre que ça pouvait se faire dans une école, que ça existait. (Deborah)

– J’étais complètement surexcitée et persuadée d’avoir trouvé l’aboutissement de ce que je cherchais sans trop le savoir à cette période. (Emmanuelle)

– Émerveillée que cela soit possible. (Julie)

– C’est un bouleversement qui s’opère. A la fois de l’interieur (on se demmande comment on avait fait pour ne pas voir ça plus tôt) et avec l’envie de le transmettre, de partager ça avec tous. Ouvrez les yeux !! (Catharine)

– Une valeur humaine, une reconnaissance dans l’être. (Kinou)

– J’ai ressenti une véritable bouffée d’air frais, une porte qui s’ouvrait en moi pour me dire que la réponse à toutes mes questions était là. Un champ de possibilité, un courant qui m’a emporté. (Nathalie)

– Énormément d’enthousiasme, je voyais absolument tout ce qui était touché par ce bouquin, mon expérience scolaire et familiale était mise à nue, énormément de choses que je vivais s’expliquaient mieux et se voyaient enfin dites avec des idées tranchées, des mots justes. J’avais le sentiment d’avoir trouvé le Grand Truc. (Pierre)

– Mon coeur a frétillé, c’est une révélation pour moi ! (Sandrine)

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# Vous êtes-vous lancé dans des recherches sur internet juste après ou avez-vous laissé les choses travailler d’elles-mêmes ?

– Je suis une geekette donc je me suis jetée sur internet pour faire des recherches (merci d’ailleurs pour vos articles sur le blog de l’ED !) (Jelena)

– J’ai écrit un petit message à Ramin sur Facebook pour lui témoigner de l’impact de ses mots. Il m’a répondu et proposé de rejoindre le groupe Eudec. J’étais ravie de découvrir une communauté extraordinaire de personnes qui partagent une vision radicalement différente de l’apprentissage et de l’enfant (de la réussite, de la vie !). J’ai écrit le jour-même à deux amis qui portent avec moi aujourd’hui le projet d’une école Sudbury à Paris. Nous n’avons pas cessé de nous informer et de rencontrer des acteurs de l’éducation libre et démocratique. Nous participons aux deux prochains événements Eudec France et Europe. (Nergis)

– Via facebook et les groupes Eudec et Ecole Dynamique ainsi que le partage des recherches de chacun des membres, j’ai pu approfondir cette approche. J’ai lu aussi: John Holt, « Libres enfants de Summerhill », « Une société sans école », Catherine Guegen… J’ai provoqué des rencontres afin de discuter et me suis rendue compte que beaucoup étaient favorables mais peu se sentaient capables de franchir le pas de la création. (Bénédicte)

– J’ai rapidement eu envie de rechercher des articles, voir des vidéos, lire des livres (Maria)

– Je suis du genre méga curieuse alors j’ai cherché de suite… j’ai visionné toutes les vidéos du blog et puis me suis laissée guider par internet, et ma 1ère réflexion quand j’ai découvert la “totale liberté” ca a été “ça doit être le bordel là-dedans !” (du style : les enfants qui crient, hurlent et courent partout dans tous les sens, pas de respect etc bref : mon pire cauchemar version live !). J’ai regardé à nouveau la vidéo Sudbury et même si les enfants jouaient et couraient partout (comme n’importe quel enfant le ferait) je n’y ai pas vu “mon cauchemar”….ça m’a interpellée….donc les cogitations ont commencé….ainsi que mes recherches sur les apprentissages autonomes et tout ce qui s’y rapprochait de près ou de loin. (Sandra)

– J’ai suivi les actualités de l’Ecole Dynamique, lu les articles du blog. Cela faisait déjà plusieurs années que je lisais tout ce que je pouvais sur les apprentissages informels. J’ai trouvé l’idée de l’école super mais ne me sentait pas prête à me lancer. (Deborah)

– Je me suis lancée dans des recherches tout de suite, ce jour-là et les suivants, j’ai littéralement plongé dedans à fond et j’ai absorbé tout ce que je pouvais ! (Emmanuelle)

– Aussitôt après avoir découvert le fonctionnement de l’école démocratique jai continué mes recherches et je n’ai plus arrêté, il ne se passe pas un jour sans que je me documente sur les pédagogies parallèles et les résultats sur la vie d’adultes des enfants qui en ont bénéficié. (Julie)

– Depuis ma decouverte des apprentissages autonomes, je ne fais que penser à ca. Je lis (tous les blogs, tous les livres) que je rencontre sur le sujet, j’organise des rencontres ou des conférences sur le sujet (semaine de vacances, conférence de Sandra Dodd, Deidre Bergeron, Thierry Pardo…). L’idée de proposer une école différente me trottait dans la tête… on parlait ici déjà d’ecole democratique en 2014 quand Dijon proposait ses premieres formations. Et puis j’ai failli aller aux rencontres du Printemps de l’Education à Paris et j’ai pris connaissance du projet de Ramin, et de la communication de l’Ecole Dynamique. L’engouement et le besoin pour moi de trouver une façon pour continuer à travailler à fini de me motiver pour lancer le projet en octobre 2015 ! (Catherine)

– J’ai laissé les choses murir tout gardant un regard dessus. (Kinou)

– J’ai parcouru toutes les ressources possibles et imaginables. Impossible de m’arrêter. J’ai imprimé les documents, surligné, annoté et j’ai ressorti les livres que j’avais sur les apprentissages autonomes, que j’ai parcouru avec un autre regard. (Nathalie)

– J’ai pris le temps de dévorer le livre, j’ai sûrement du déjà faire des recherches à ce moment-là. Mais globalement les choses ont travaillé d’elles-mêmes. (Pierre)

– Je ne cesse de faire des recherches depuis : livres, conférences, internet, entretiens téléphoniques, démarche auprès de la mairie, plan financier, sondages, communication…. (Sandrine)

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# Qu’avez-vous ressenti après quelques jours de recul ?

– Toujours autant d’enthousiasme. Je voulais m’impliquer dans le projet de Sandrine dès le départ mais je travaille à temps presque plein (en congé parental à 80% jusqu’en 2018), donc je ne pensais pas pouvoir apporter grand chose. Et puis finalement au fur et à mesure des échanges, je voulais *vraiment* m’impliquer et Sandrine m’a proposé d’être cofondatrice. (Jelena)

– Moins d’une semaine après la découverte de la philosophie Sudbury, j’ai rencontré votre équipe aux portes ouvertes. Un échange avec Benjamin puis avec Ramin autour de l’intention pédagogique a permis de bousculer encore davantage mes croyances sur le rôle de l’adulte dans les apprentissages de l’enfant. Quelques jours plus tard, j’ai décidé que je ne pouvais pas continuer d’enseigner. Mon métier s’inscrivait en totale contradiction avec mes convictions, désormais fortes et claires. J’ai démissionné de l’Education Nationale et envoyé la lettre à Ramin moins de 3 semaines après mon premier message en lui disant que son audace avait inspiré la mienne. (Nergis)

– Enthousiasmée et convaincue enfin par cette vision de l’enfant libre de ses apprentissages auquel on fait confiance. (Bénédicte)

– Un sentiment de faire une grande découverte, découvrir quelque chose qui pourtant est évident, qu’au fond de moi je savais déjà (Maria)

– Très perplexe car je voyais que cela m’amenait tout droit à tout remettre en question : ce que j’avais appris (en tant qu’enfant, femme mais aussi psy !!!) et vécu. Et très vite j’ai fait le lien avec mon travail de psy et les adultes que j’avais en thérapie et me suis retrouvée en adéquation avec ca mais aussi avec la ferme conviction que cela allait changer ma vision en tant que maman aussi !… et donc beaucoup à faire en discussion avec le papa (qui en fait, à ma grande surprise, et après avoir lu “free to learn” a été convaincu de suite et sans grande difficulté, du système !). Le bouquin était pour lui clair, simple, précis et argumenté « scientifiquement » (fallait traduire par « pas d’arguments bisounours » J) (Sandra)

– Petit à petit, je me suis rendue compte que c’est ça que je voulais faire. (Deborah)

– Une grande joie, toujours autant d’excitation et d’enthousiasme, la conviction grandissante que cette philosophie est juste. (Emmanuelle)

– De la conviction. Du déterminisme. Il faut agir pour changer l’éducation des enfants. Il y a une expression que j’aime bien : « un océan est fait d’une multitude de petites gouttes » et je souhaite être une de ces petites gouttes qui participent à créer l’océan des écoles démocratiques. (Julie)

– Le retour des autres sur la défensive… (Catherine)

– Toujours le même enthousiasme, la même conviction que ce chemin était celui que je voulais parcourir. (Nathalie)

– On va donc dire après lecture des Libres Enfants, et ce n’est pas forcément la réponse attendue : une sacrée frustration jusqu’à la fin de ma scolarité dans le secondaire et même pendant ma première année de post-bac ratée. Mon idéalisme forcené ne veut pas comprendre que j’ai encore à me conformer au système classique. (Pierre)

 – J’ai envie d’aller jusqu’au bout de mon idée de créer une école démocratique et je me sens portée par le projet et voir que cela est possible. (Sandrine)

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# Qu’est-ce que ça a réveillé en vous ?

– « Oh mon dieu mais comment elle (ma fille) va faire pour le bac ? ». Je me considère comme un « mouton » (employé standard, pas super douée pour l’initiative et les idées créatives) contrairement à mon compagnon qui est plus dans l’optique entrepreuniale. C’était un vrai pas psychologique à franchir, mais je n’ai pas mis longtemps, vu que c’était dans la logique intrinsèque du maternage.
Mais ayant (probablement) été une enfant HP, c’est aussi par réaction « négative » vis à vis de ma propre expérience scolaire (« échec » à partir du lycée élitiste) que j’ai fait ce choix pour ma fille, même si de base, pour moi ça fait partie de la continuité logique du respect du rythme de l’enfant (je suis tombée dans le maternage à la naissance de ma fille, avec le « pack complet » allaitement, DME, couches lavables, portage, cododo, motricité libre, pédagogies alternatives etc …). (Jelena)

– Tellement de choses… Je me suis embarquée dans une aventure de « déconditionnement ». Les questionnements que cette aventure soulève ne sont pas seulement liés à l’éducation. Ils sont aussi d’ordres spirituel, philosophique, économique, politique… (Nergis)

– J’étais plutôt « bonne élève » et suis actuellement prof d’EPS mais rétrospectivement je n’ai pas appris grand chose d’utile dans mon quotidien pendant ces années d’école/collège/lycée. Plutôt un besoin de rentrer dans le cadre, un manque d’écoute de ses réels besoins, une absence totale de mode d’entrée en relation bienveillante avec les autres, de régler des conflits. (Bénédicte)

– J’ai réalisé que j’ai moi-même appris beaucoup de choses de façon autonome, que j’ai « rattrapé » des années d’école traditionnelle en quelques mois (arrivée en France sans parler un mot de français à l’âge de 10 ans, j’étais première de la classe en fin d’année, j’ai appris l’orthographe, l’histoire et tout le reste, et je pense que cela s’est fait grâce à une scolarité très « libre » auparavant qui n’avait pas abîmé mes envies d’apprendre et ma confiance en moi). Ca m’a aussi donné envie d’offrir à mes enfants (du moins les deux derniers) une autre école, une autre façon d’apprendre (Maria)

– Même si au fond je savais que c’était juste, car le parallèle avec mon travail de psy me le confirmait, la peur de me planter dans le parcours scolaire de mes enfants était là. Peur aussi de leur enlever des possibilités pour leurs études supérieures, de les “déconnecter” de notre société actuelle, d’en faire des «asociaux », dans le sens « en dehors de la société ». Peur aussi de leur faire « porter » mes convictions éducatives « revues et corrigées » qui sur le moment, n’étaient pas si faciles que ca à porter, en me disant « pour eux ca va être pire à supporter ». Mais en fin de compte, ils s’y retrouvent tellement bien qu’ils n’ont pas de difficultés avec ca (passés les premiers moments avec mami, papi et leurs convictions à eux etc) 😉

Beaucoup plus tard, ca m’a fait repensé à certains profs : les meilleurs et les pires ! Un certain connard d’agrégé en allemand qui prenait son pied en humiliant ses élèves (j’étais une très bonne pioche avec ma sensibilité extrême !!!) et une prof de math géniale avec ses méthodes complètement space. Comme quoi ce sont bien les personnalités qui nous marquent, pas la matière que l’on apprend !…. qui forcément auront une influence sur nous dans l’orientation de nos matières préférées ou détestées ! (je voulais abandonner l’allemand !….au final : j’ai fini par en épouser un ;). (Sandra)

– Ca a réveillé l’envie de construire un projet allant dans le sens de mes valeurs, pour un monde meilleur. (Deborah)

– C’était en totale cohérence avec mon cheminement personnel, aussi bien sur les plans professionnels, intellectuels, spirituels… J’ai tout de suite adhéré et ça n’a pas fait remonter d’éléments du passé en particulier, par contre ça m’a tout de suite donné envie de créer le futur ! 😉 (Emmanuelle)

– La compréhension des choix qui ont été fait à ma place lorsque j’étais élève. Anecdote : en 5ème j’ai demandé à faire l’option latin à mon passage en 4ème. J’aurai adoré apprendre l’origine des mots, comprendre leur histoire, leurs significations au fil des siècles. Comme j’étais une élève très moyenne (10-11 de moyenne générale) on m’a dit que je ne suivrai pas dans une classe avec option latin car n’y a que les bons élèves qui choisissent cette option. Je n’ai pas eu le choix.

Également maman de 3 enfants, malgré ma conviction, il y a un déconditionnement qui doit être fait pour se lancer car sortir ses enfants du circuit classique ça ne se fait pas sans réfléchir beaucoup beaucoup … (Julie)

– Des doutes (Catherine)

– Ma propre éducation, ma rébellion contre l’approche de mes parents, celle du système classique. Mon regard sur mon propre fonctionnement = apprendre par envie, par nécessité et non par le forcing. (Kinou)

– J’étais déjà dans une grande remise en question de mon métier d’enseignante en collège. Cela m’a fait le même effet que lorsque j’ai découvert l’existence des accouchements à domicile. Cette conviction que je ferais ce choix là. Cela m’a aussi rappelé mon impression juste après avoir vu « Etre et Devenir ». J’avais suivi une formation Montessori, mais je n’étais pas convaincue même si emballée par les apprentissages. Ma fille n’adhérait pas et je ne comprenais pas pourquoi. Après avoir vu « Etre et devenir », j’ai respiré, j’ai regardé la vie avec simplicité et je me suis remise à profiter, à être avec ma fille comme si je n’avais plus de barrières autour de moi me disant « attention, il ne faut pas faire ça… » Etre, tout simplement. (Nathalie)

– Questionnements radicaux : plus rien ne pouvait justifier pour moi de me plier à l’autorité scolaire normale et à celle de mes parents quand elle appuyait la première. En comprenant en quoi mon comportement avait été conditionné, j’ai ajusté mes actions, me suis intéressé à ce que je n’avais « pas le temps » de faire… Tout ça a aussi réveillé une vocation. (Pierre)

– Ca m’a rappelée que depuis toute petite je suis toujours allée au bout de mes idées et que personne (surtout ma maman ;-)) ne m’empêcherait d’accomplir ce que j’ai au plus profond de moi et qui je suis. Alors : pourquoi tout le monde ne pourrait pas avoir cette chance d’être libre et autonome ? (Sandrine)

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# Comment est venue l’envie ensuite de créer une telle école ? 

– Je ne l’aurais pas fait moi-même (cf point « mouton » plus haut) mais suivre et aider un projet en cours est dans mes cordes (et surtout, je suis motivée). (Jelena)

– La création d’une école Sudbury constitue une suite logique de mes réflexions personnelles et de mon parcours. Voici le petit message que j’avais envoyé à Ramin qui te donnera une idée de mon parcours : « « Cher Ramin, J’ai regardé ce matin votre TED, qui a été partagé par Printemps de l’éducation, et j’en suis encore bouleversée. Votre intervention a eu sur moi aujourd’hui un impact similaire à celui du TED de Sir Ken Robinson « Do Schools Kill Creativity? » lorsque je l’avais découvert en 2013. J’étais alors étudiante en Master Grande École, en échange universitaire à Montréal. Je me spécialisais en Management des Ressources Humaines mais je rêvais de participer, un jour, d’une manière ou d’une autre, à un changement dans le monde de l’éducation. Le propos de Sir Ken Robinson est d’une telle pertinence qu’il m’avait donné envie de devenir enseignante pour tenter de « faire les choses différemment ». C’est ainsi que je m’étais inscrite aux concours de l’Éducation Nationale durant mon dernier semestre d’école de commerce et que je suis devenue en septembre dernier la maîtresse de 27 élèves de CE2 d’une école internationale bilingue sous contrat avec L’État. Bien sûr, j’aurais préféré intégrer une école nouvelle mais l’opportunité ne s’était pas présentée et je m’étais dit que même si l’organisation d’une école peut compliquer les démarches pédagogiques d’un enseignant, celui-ci demeure toujours libre de faire autrement, au sein de sa classe. Cela n’est pas entièrement faux, mais je n’avais évidemment pas encore pris toute la mesure des différentes contraintes qui s’imposent, à tous, à l’école. Vos mots ont tellement fait battre mon cœur aujourd’hui que je sais qu’ils me mèneront prochainement vers de nouvelles aventures. Le monde de votre école me fait rêver et me donne envie de participer à un projet similaire, ici ou ailleurs. Les écoles nouvelles se débarrassent, plus ou moins timidement, d’un certain nombre de contraintes de l’école traditionnelle, mais l’École Dynamique ose aller au bout de sa conviction. Merci pour votre pertinence et votre audace ! ». (Nergis)

– Tout un cheminement! Après avoir eu un enfant qui à 3 ans s’est rebellé face à l’école alors que chez nous il était calme, curieux… Donc nous l’avons descolarisé; recherche sur les approches différentes et Montessori m’a bien plu. Formation etc.. Mais mon enfant n’aimait pas ces decontextualisations, il voulait vivre avec nous tout simplement. On a lâché Montessori et avons fini sur de l’informel complet. En suivant ses centres d’intérêt, bibliothèque, ludothèque, sorties diverses: entre temps il a appris à lire on ne sait pas comment mais ses stratégies personnelles ont manifestement été très efficaces! Pour des raisons perso, j’ai dû reprendre mon travail de prof (ouch quelle choc!!!) et lui a repris le chemin de l’école en fin de CE1. La maîtresse a eu très peur au départ car je ne lui ai rien caché de cette liberté d’apprentissage, du peu d’écrits qu’il avait produit car il n’aime pas écrire! Vite rassurée, très grande autonomie, finalement très scolaire, quand il a fini son travail, il se crée un jeu sur un bout de papier! Il s’est très bien intégré à un groupe d’amis. Mais après 1 an d’école traditionnelle, il sature et aimerait bien repartir en IEF.  Et de l’autre côté, moi qui de par mon travail et malgré tout ce que l’on peut mettre en place, le système a ses limites! Cette expérience de l’IEF informelle transforme véritablement et en profondeur notre vision des enfants et de leurs capacités surprenantes d’apprentissage. J’en sors enrichie beaucoup plus que lui, confiante en lui. L’envie de créer une telle structure est venue petit à petit afin de permettre un choix éducatif varié dans notre société. Les parents ont le droit d’avoir ce choix, on ne peut se laisser imposer une école consumériste telle que l’envisage notre gouvernement. (Bénédicte)

– J’étais déjà engagée depuis pas longtemps dans un projet de création d’école, on s’orientait vers une pédagogie Montessori, mais je sentais bien que certains aspects de cette pédagogie ne me parlaient pas, je les trouvaient trop rigides. Je garde maintenant certaines idées de Maria Montessori mais notre école sera un modèle unique, qui évoluera en fonction des enfants et de notre vécu. Ce qui est sûr c’est que je m’efforcerai d’avoir confiance dans les capacités de l’enfant à apprendre de façon autonome. (Maria)

– J’avais déjà un projet en cours depuis plus de 6 mois (et 3 ans de recherches), avec de “jolis” cours de yoga, méditation, musique et arts en tous genres etc le tout basé en grande partie sur le TED du petit Laplante et de Roger Walsch (celui qui avait créé ce système). J’avais la conviction d’avoir fait un « best of » de ce qui était sain d’apprendre pour un enfant (et je trouvais ça déjà révolutionnaire !!!). Mais j’ai senti que si je revenais sur mon projet initial en sachant ce que je venais de découvrir (et remettre en question avec le modèle Sudbury), je faisais une sorte de marche arrière, que je n’allais pas aussi loin que ce que je pensais être “juste” pour les enfants. L’impression de faire ce qui moi me faisait du bien, ce qui me rassurait moi, ce qui m’ôtait une grande partie de mes peurs ….mais pas ce que je ressentais comme être réellement bon pour les (mes) enfants. J’ai réalisé que beaucoup de choses dans ma vie étaient encore décidé par rapport à mes peurs….( comme celles que je travaillais avec mes patients !) 😉  J’ai pris conscience que j’avais encore beaucoup de choses à changer en moi si je ne voulais plus vivre en fonction d’elles mais en fonction de mes (vraies) envies, celles qui me touchaient vraiment au fond de moi, pas seulement celles qui étaient en surface et relativement faciles à concrétiser. Et au final, j’ai compris que c’est ça que j’avais vu dans cette vidéo Sudbury : des enfants plein d’envies ! plein d’en-vie ! plein de vie !!!! Et ça a fait un énOOOOOOOrme écho avec ce que j’avais tout au fond de moi depuis très longtemps, ce que je n’osais pas montrer (par peur !), ce que j’appelais ma Force, ma Foi… ce truc qui me donnait envie de soulever des montagnes et me donnait la pêche !  Et voilà pourquoi j’ai créé Skholè : pour que les enfants gardent ou retrouvent (pour ceux qui ont déjà subi le système…) leur EN-VIE….et n’aient plus peur d’être eux ! (comme nous …) 😉 (Sandra)

– L’envie est venue petit à petit. En congé parental, je devais trouver du travail pour la suite et un travail qui soit conciliable avec les apprentissages autonomes (j’ai une fille de 11 mois). L’idée est venue de devenir autoentrepreneur. J’ai voulu créer un atelier d’activités artistiques pour enfants, une communauté libre. Et puis peu à peu, je me suis rendue compte que le modèle sudbury était vraiment excellent et j’ai eu le courage de me lancer. Surtout pour pouvoir offrir ça à ma fille. (Deborah)

– J’étais à un moment de ma vie où je me cherchais une nouvelle voie professionnelle. En découvrant qu’il était possible de créer une telle école, j’ai su tout de suite que c’était ce que je voulais faire aussi. En quelques jours j’ai créé le site web, la page facebook, le mail, j’ai rejoint les réseaux (réseau pour l’école libérée et Eudec), j’ai contacté Bernard Collot, Ramïn, j’ai rencontré des acteurs éducatifs de ma commune… Je n’arrivais presque plus à dormir la nuit tellement j’étais excitée !! Par exemple, l’essentiel du site web s’est construit entre 1h et 4h du matin ^^ Avec le temps ça s’est apaisé et même si je suis toujours aussi enthousiaste, je dors la nuit 😉 (Emmanuelle)

– Il n’y a pas de place pour mes garçons à l’Ecole Dynamique et je ne veux pas rester dans l’attentisme ni etre fataliste. Ce que propose l’éducation nationale ne répond pas aux besoins primaires de mes enfants, je me dois d’agir et d’essayer de créer une école dans notre quartier. C’est une action militante. (Julie)

– Un projet de cœur pour les enfants (catherine)

– Ayant travailler dans les écoles classiques, en essayant de changer le système de l’intérieur après quelques années je me suis dit : crée quelque chose toi même. J’ai commencé à me lancer en 2013 dans une création d’un jardin d’enfants à Paris sur le modèle Montessori (mais il y avait dans le concept Montessori quelque chose de pas assez libre a mon goût). Du coup après le lancement de votre école je me suis lancée ailleurs, dans le Sud. En créant ce projet, je veux qu’on reconnaisse qu’il y a d’autres formes d’éducation, qu’on a le choix. (Kinou)

– L’envie d’école existe depuis longtemps, mais là, cette conviction me donne des ailes. Je ne voulais plus être partagée entre la mise en place de nombreuses choses dans mon métier, et ma vie de famille, ma petite fille. Je veux pouvoir la voir grandir, je veux cesser d’être tiraillée entre mes convictions et mes obligations. Et en plus, mon mari est, si c’est possible, encore plus emballé que moi 🙂 (Nathalie)

– En ne cessant de rêver et en voyant combien toutes les voies qui se présentaient à moi post-bac me déplaisaient, en me rendant compte aussi que j’aimais beaucoup m’occuper de petits enfants, l’idée m’est venue d’en faire mon « projet professionnel ». Je progresse à petits pas et commence à rencontrer des personnes chouettes et continue à creuser ma réflexion. (Pierre)

– J’avais déjà l’idée d’ouvrir une école (depuis  2 ans, ou peut-être depuis toujours ??). L’école démocratique est LA révélation qui va faire que mon rêve va devenir réalité car elle sera à l’image de qui je suis et surtout à l’image de ce que voudront être les enfants et adultes. De plus, je suis psychomotricienne et je reçois de nombreux enfants en mal de vivre de l’école et en manque de liberté d’expression corporelle et verbale. Ils sont comme éteints de leur essence;  ouvrir une école est aussi l’envie de leur apporter de la lumière et un souffle d’air. (Sandrine)

 

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