Une famille française aux US

Un nouveau témoignage sur le blog : celui d’une famille française qui a mis ses enfants dans une école Sudbury américaine, la Diablo Valley School, depuis plusieurs années.

Carine nous a contacté récemment sur FB, n’en revenant pas qu’une telle école ait pu ouvrir en France. Et oui, ça y est et ce n’est que le début !

Je vous conseille très TRES fortement de lire le témoignage de Carine et de ses 2 enfants en entier, avec attention. Contrairement à mes articles je n’ai rien mis en avant de particulier puisque ce n’est pas de moi, mais il y a TELLEMENT à mettre en avant dans leurs mots… Si je devais retenir les principaux :

L’attention et le respect porté au bien-être et au choix de ses enfants, même tout petits

– Son témoignage concernant les 2 premières années « très difficiles », où Carine partage ses périodes de doutes, de volonté d’arrêter, de pleurs face aux pressions de l’extérieur et face à ses propres peurs !

– Le témoignage de son fils Emrys et le sien en tant que maman : un témoignage qui me parle beaucoup, et qui est tellement rassurant…

Bref = un témoignage à dévorer et à partager, qui donne immédiatement envie d’adhérer à notre philosophie !!

Un grand GRAND merci Carine ^-^

***

Bonjour, nous sommes une famille française de 5 personnes.

Le papa, Stéphane, 38 ans, est ingénieur informatique. La maman (moi), Carine, 39 ans, a commencé à travailler en 2015 après avoir passé 13 ans à la maison.

Le grand frère, Emrys, 13.5 ans, a eu une éducation plutôt mixte, étant notre premier enfant. D’abord maternelle publique, puis homeschooling, puis DVS, et retour au homeschooling (voir son témoignage plus bas).

Elise, 9.5 ans, a joint Sudbury en 2011 pour ses 5 ans et y est encore. Son temoignage est plus bas.

Sandra, 3 ans, va dans une “preschool”, genre de maternelle basée sur le jeu.

– Depuis combien de temps vivez-vous aux US ?

Nous avons déménagé près de San Francisco en 2009. Nos enfants avaient 6.5 ans, et 2.5 ans.

– Connaissiez-vous le modèle Sudbury avant d’y inscrire votre fille ? Comment as-tu

connu cette école ?

Quand nous sommes arrivés Emrys a fait le “CP” en école publique, pour apprendre l’anglais et faire des connaissances. Je ne connaissais pas le système americain, et Emrys voulait essayer.

L’ecole publique en Californie est beaucoup plus relax qu’en France, en ce que les parents travaillent main dans la main avec les professeurs. Les parents sont encouragés à passer du temps dans les classes pour aider le professeur à faire différentes activités. A toute heure il y a au moins un parent dans la classe.

L’ecole est de 7:45 a 14:30 et il y a beaucoup plus de choix d’activités extra-scolaires qu’en France.

Ceci dit, cela n’enlève rien à la pression des notes, à la compétition entre enfants, aux tonnes de devoirs, au schedule strict et autres choses qui nous dérangeaient déjà en France.

Apres un an Emrys était totalement bilingue et a demandé à refaire l’école a la maison. Nous avons fait ça pour 2 ans, mais la culture est tellement différente de chez nous qu’il nous a été difficile (pour lui comme pour moi) de nous intégrer dans le groupe. A 9 ans il m’a demandé si je pouvais trouver une école différente pour lui.

J’ai cherché sur internet et trouvé le website de DVS (www.diablovalleyschool.org). En lisant la description de leur philosophie j’ai été immédiatement séduite et Emrys a fait une semaine d’essai, qu’il a a-do-ré et donc nous avons commencé l’aventure Sudbury en 2010 avec Emrys, 9 ans, puis Elise l’a rejoint en 2011 (5 ans). DVS ne prend que des enfants de plus de 5 ans, puisque l’école en Californie n’existe pas avant cet âge. Les règles des preschools sont très différentes.

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Elise à 5 ans dans la salle de jeux

– La Diablo Valley School est-elle identique à la SVS ? Depuis quand existe-elle ?

DVS suit la philosophie Sudbury à la lettre, donc de ce point de vue c’est identique à SVS. La différence est dans les moyens, DVS est une maison qui ne paie pas de mine, avec un petit terrain de jeu. Rien à voir avec la maison victorienne, la ferme rénovée et l’étang de SVS 🙂

DVS a été fondée il y a 15 ans par des parents et n’a cesse de grandir depuis. Cette année il y avait 47 enfants et 5 à 18 ans et 3 adultes. Nous (parents et staff) sommes à la recherche d’une maison plus grande car il y a maintenant une longue liste d’attente!

– Peux-tu nous décrire un peu son fonctionnement et son environnement ?

Le fonctionnement au quotidien suit la philosophie Sudbury, avec un school meeting, un judicial committee, et une assembly.

L’école est ouverte de 8 heures à 17 heures, et les enfants doivent être présents au moins 4 heures par jour. L’école est leur base. Ils ont le droit de sortir, d’aller au parc à côté, d’aller prendre des cours ailleurs (musique, sport …) et de revenir. Ils doivent juste signer et donner leur heure de départ, puis signer quand ils reviennent.

Au quotidien, les enfants font les règles, suivent les règles, ou les changent, et les renforcent. Adultes et enfants ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Tout part des enfants: si un enfant veut apprendre à lire, il va demander à un adulte qui proposera par exemple une classe par semaine, que d’autres enfants peuvent rejoindre s’ils veulent. Même chose pour art, math, couture… si les adultes de l’école ne sont pas qualifiés pour une certaine classe, les parents reçoivent un email au cas où l’un d’entre nous ait l’expérience et le temps de faire cette classe. J’ai donné des cours de Français et de piano à certains enfants, un papa a donné des cours de programmation… et quand les enfants en ont assez, les cours s’arrêtent, tout simplement.

La plupart du temps il n’y a pas de cours, les enfants jouent à toutes sortes de choses.

Les enfants sont aussi responsables de toutes activités: le “fun” committee s’occupe des voyages de classe au musée, à la piscine, au parc… le “camping” committee s’occupe du week-end annuel où tout le monde va camper ensemble pendant 3 jours. Les enfants ont créé il y a 2 ans le committee de “fête de décembre” qui organise une fête avec tombola avec un “talent show” produit par les enfants intéressés. Etcetera !

Un aspect important pour les parents est “l’assemblage” où on se reunit et on peut poser toutes nos questions, parler de nos doutes, parler de la pression incessante du reste de la société… C’est très important d’être soudés. DVS, c’est la famille.

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Elise, 5 ans, avec Anne-Martine, de l’école, recyclent une vieille table pour en faire une table “mosaïque”

– Avez-vous prévu d’y laisser votre fille toute sa scolarité ?

Aussi longtemps qu’elle le desire!

Emrys est resté 4 ans à DVS et a demandé à retourné au homeschooling cette année, car il a trouvé sa voie et passe beaucoup de temps à programmer dans sa chambre (et à jouer en réseau avec ses copains de l’ecole ! J’adore l’entendre rire depuis le salon !).

Je dois dire que le homeschooling ici n’a rien à voir avec la France. Pas d’inspection! J’ai juste inscrit Emrys dans l’ecole “à la maison” et voila ! Il peut faire ce qu’il veut de son temps.

Il prend des cours particuliers en maths et science à sa demande, et fait le reste online.

Pour l’instant Elise ne se voit pas ailleurs qu’à DVS. C’est elle qui choisira sa voie, comme son frère 🙂

– Comment vivez-vous cette scolarité, en tant que parents ?

Les deux premières années ont été très dures. On m’a traitée de tous les noms pour oser “abandonner” l’instruction de mes enfants à ce point. J’ai beaucoup pleuré. Ce qui m’a aidé à ne pas les retirer de DVS (et oui j’y ai pensé à plusieurs reprises vue la pression de la famille et des “amis”), c’est la Joie de mes enfants.

Je ne peux pas décrire à quel point cette école rend les enfants heureux. De se sentir respectés comme ça, ils n’ont plus aucune raison d’être en colère. Mes enfants reçoivent partout toutes sortes de compliments sur leur sourire, leur gaieté, leur politesse, et leur habilité à parler calmement et avec assurance avec des personnes de tout âge.

Quand on me dit “votre fille a 9 ans et elle ne sait pas ses tables”, maintenant ca me fait rire. Elle a une telle culture dans tant de domaines differents (merci Internet !!). Elle est tellement bien dans sa peau, franchement, rien ne peut se comparer à ça.

Aussi (c’est un peu morbide) mais on ne sait pas combien de temps on est sur Terre. Voir mes enfants heureux, jour apres jour, ça me réchauffe le coeur. Si par malheur l’un d’eux meurt jeune, quelle merveilleuse enfance ils auront eu !

Ah je pourrais en parler pendant des heures.

Ce que je voudrais dire aux parents c’est que c’est plus dur pour nous que pour les enfants ! Tenez bon, ça vaut le coup, année après année vos enfants seront de plus en épanouis. Rien ne vaut la liberté d’être qui on est.

Je voudrais aussi dire que DVS est loin d’être une école “facile”, ce que j’entends si souvent avec “comment supportez-vous que vos enfants ne fassent rien ?”.

Elise et ses copines jouent, se disputent, pleurent, se consolent, trouvent des compromis, se reconcilient, s’aiment même quand elles se détestent.

Elles trouvent le courage de dire non. De dire qu’elles ne sont pas d’accord. Qu’elles veulent arrêter le jeu. Qu’elles veulent être “toute seule”. C’est dur. C’est épuisant. C’est aussi ce qui les aidera le plus dans la vie.

Quand on laisse les enfants faire, sans paniquer, sans s’imaginer qu’ils sont malheureux, ils trouvent toujours un moyen. Et être malheureux, ca fait aussi partie de la vie.

DVS, c’est avoir le droit de ressentir et d’exprimer toute émotion sans être juge. La colère, la tristesse, la joie, elles ont toutes le droit d’exister, et apprendre jeune comment on réagit à tel ou tel stimulus ça n’a pas de prix.

Parfois Elise me téléphone en pleurant.

“Je déteste cette école. Mes copines sont méchantes. Viens me chercher.”

Moi: “je travaille pupuce, je viens dans une heure.”

15 min plus tard je recois un SMS. “T’inquiete pas tout va bien, tu peux venir plus tard?”

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Emrys, Elise et maman

{Petit à-coté sur l’ordinateur}

Quand Emrys a commencé DVS, comme beaucoup de parents je le restreignais à une ou deux heures d’ordinateur par jour. J’ai vite vu qu’a DVS il jouait toute la journée (et je n’exagère pas, il ne sortait de la salle informatique que pour manger car c’est interdit de manger à côté des ordinateurs).

Cela m’inquietait vraiment beaucoup. Ca me mettait en colère qu’il ne fasse rien d’autre, et notre relation s’en ressentait.  Ca a été la partie la plus dure de mon apprentissage. Faire confiance au système, et à mon fils, que jouer 6 heures par jour à l’ordinateur n’allait pas lui causer toutes sortes de problèmes.

Bon, je peux vous dire qu’après avoir passé les 5 dernières années à jouer à outrance (parfois 12 heures par jour) à toutes sortes de jeux (Minecraft, Ark, Spore, Kerbal…) le résultat est:

  • Emrys a des amis tres précieux et très proches.
  • Il est très bien dans sa peau, gentil et poli.
  • Il a une culture phénomenale car dès qu’une question l’intéresse (sur les dinosaures, l’astronomie, les mines….tout ça vient des jeux), il saute sur Youtube ou Wikipedia et passe beaucoup de temps à s’instruire en ligne.
  • Il est excellent à trouver en ligne les réponses à ses questions
  • Il s’est découvert une passion qui lui a donné envie de prendre des cours de maths, de sciences, de philosophie, de musique et d’histoire (quelques-uns des cours particuliers qu’il a pris ces dernières années, tous grâce à des jeux).
  • Il apprend a reconnaitre de lui-même quand ça suffit. Beaucoup plus efficace que quand ça vient de moi (ce qui arrivait toujours au mauvais moment du jeu bien sur).
  • Et honnêtement les jeux sont tellement compliqués que jouer une heure ne rime a rien : c’est comme lire une intro et refermer le livre…

Donc je ne me fais plus de souci. Vive l’ordinateur!

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Emrys, dans la salle de jeux, joue en réseau avec ses copains.

– Si vous deviez venir vivre en France, mettriez-vous vos enfants dans une école Sudbury ?

Quand j’ai dit à Elise qu’il y avait une école Sudbury à Paris elle a commencé immédiatement à faire des plans pour venir passer une semaine avec vous ! Elle est très excitée à l’idée d’avoir des amis Sudbury qui parlent français ! Elle vous invite aussi à venir visiter son école 🙂

Si on devait revenir en France ce serait à Paris, alors oui, on viendrait bien vite sonner à votre porte! C’est Sudbury ou Homeschooling.

– Quelle expérience as-tu du cursus classique français ?

Emrys a fait la moyenne section en maternelle. La maîtresse etait tres gentille mais dès le départ le système m’a dérangé. Je n’y trouvais aucun épanouissement pour mon enfant et on est passés à l’école à la maison très vite.

Sinon j’ai fait toute mon éducation à l’école publique en France 🙂

Excellent élève, devenue ingénieure en physique nucléaire…. Et malheureuse comme les pierres, avec un début d’ulcère et me sentant comme une moins-que-rien malgré les diplômes car c’est le discours de la grosse majorité de  professeurs que j’ai eu la malchance de rencontrer. Le système public m’a rendue timide et très peu sure de moi, et les souvenirs que j’ai de mon enfance sont remplis de devoirs et de pression à être la première de la classe. Ridicule.

Capture d’écran 2016-05-28 à 14.38.22 Capture d’écran 2016-05-28 à 14.38.31

Elise et sa copine Ilbra ont trouvé sur internet un cours de “yoga de l’amitié” et s’entrainent dans la salle de jeux.

– Que penses-tu de la création d’une école Sudbury en France ?

Youpiiii!! Ca me fait tellement plaisir, ça me donne de l’espoir, et j’ai vraiment envie de vous donner toute l’aide dont vous pourriez avoir besoin.

Ici il y a beaucoup d’options pour la scolarité et tout le monde comprend que l’ecole “normale” n’est pas faite pour tous les enfants. Homeschooling, unschooling, Montessori, Meher, Waldorf, Sudbury, écoles privées dans les églises… il y en a pour tous les goûts.

En France on a l’impression d’être un rebelle inconscient dès qu’on n’est pas d’accord avec l’éducation nationale ! On a vraiment besoin de diversité dans un pays qui dit respecter la différence !

– Vivre dans un autre pays peut provoquer des « chocs » culturels, as-tu la sensation que ça peut être vécu de façon moins forte dans une école Sudbury ?

Tout à fait. Oui le choc culturel a été très intense. A DVS nous nous sommes sentis acceptés pour ce que nous sommes. Ni plus, ni moins. Je n’ai jamais été dans un environnement aussi respectueux de l’individualité de tous, petits et grands. Quel soulagement de pouvoir être soi-même!

***

Témoignage d’Elise (traduit de l’Anglais par maman) :

J’aime bien aller dehors, faire des “survival games” (jeux de survie): on attend la pluie (il pleut rarement alors c’est toujours un évènement) et on construit des abris, on fait semblant de manger des fruits sauvages….

On joue au loup aussi.

On a inventé le jeu des fées: on fait semblant d’être des fées, moi je suis toujours un dragon parce que je préfère. Quand on a nos rôles on fait une pièce de théâtre mais on ne filme pas.

Avec mes copines on dessine beaucoup. On regarde des leçons d’art sur Youtube. J’écris des livres aussi (en anglais), et je fais des vidéos avec mon ipad et mes little petshops.

Ce que j’aime dans mon école c’est que je peux choisir ce que je fais, et les adultes m’aident mais ne me disent pas quoi faire. Je peux dessiner pendant des heures, personne ne me dit d’arrêter.

Quand j’avais 6 ans, j’ai voulu essayer le CP à la “vraie” école car beaucoup de gens demandaient pourquoi je n’y allais pas (beaucoup de pression). La maitresse était très gentille mais on apprenait la même chose tous les jours et je n’avais rien d’autre à faire. Et les autres filles étaient toujours tristes et sérieuses. Alors j’ai commencé à m’ennuyer. Pendant les vacances de Noel  j’ai fait une liste de pour et contre et DVS n’avait pas de contre, mais la vraie école avait “je n’ai pas le temps de faire mes choses importantes”. Alors en janvier je suis retournée a DVS. J’étais très très contente.

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Dans la salle d’art

Témoignage d’Emrys :

DVS m’a beaucoup aidé à avoir des amis. J’ai mes meilleurs amis là-bas et je passe une journée par mois à l’école en tant que visiteur.

DVS m’a aussi aidé à être sur de ce que j’aime faire: programmer et designer des jeux.

Ce que j’ai beaucoup aimé à DVS c’est que personne ne m’interrompait au milieu de mes activités et personne ne me forçait à faire quelque chose d’autre.

Maintenant je préfère être à la maison et prendre des cours particuliers parce que j’ai besoin d’être au calme pour réfléchir.

Ce que je n’ai pas aimé à l’école publique c’est que tout le monde est obligé de faire la même chose en même temps et si on a fini avant les autres on doit attendre, on n’a rien le droit de faire d’autre. Je trouve ça bête.

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3 réflexions sur “Une famille française aux US

  1. Bonjour
    J’aimerais beaucoup etre mise en relation avec Carine. J’habite à Berkeley, Californie, et suis dans la même direction. Je fais d’ailleurs partie d’un groupe de parents qui cherchent à créer un Sudbury School près de chez nous.
    Merci pour votre aide.
    Audrey

    J'aime

  2. Bonjour,

    je souhaiterai être mise en relation avec des familles Françaises aux Etats Unis comme celle de Carine,
    afin de visiter leur école, car nous avons pour projet avec mon association, située dans les Yvelines, de construire une école du type Sudbury.
    Merci pour votre réponse.

    J'aime

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