Un choix éminemment personnel

La rentrée 2016 a bien commencé à l’école Dynamique ! Suite à des désistements, il reste 7 places disponibles pour la rentrée de la Toussaint. RDV sur notre page « Inscriptions » si vous souhaitez saisir une de ces places.

Cet été fut l’occasion pour les familles de continuer à questionner sans relâche ce choix particulier qu’ils ont fait : celui d’accorder à l’enfant une liberté totale de choisir sa vie à chaque instant.

Pourquoi un choix aussi radical ? Pourquoi ne pas mettre une petite heure de maths par-ci, une petite heure de français par-là ? Pourquoi leur permettre de jouer autant qu’ils veulent ? Pourquoi permettre un usage illimité des écrans ? Pourquoi leur permettre de manger quand ils ont faim et dormir quand ils ont sommeil ? Pourquoi permettre les gros mots ? Pourquoi leur permettre de traîner dehors autant qu’ils veulent*, exposés à la tentation des bonbons, des cigarettes, ou pis encore : des bisous sur la bouche ?! Bref, pourquoi leur permettre de faire tout ce qu’un adulte peut se permettre de faire ?

Pour ma part, je m’apprête à offrir cette vie à mon enfant, actuellement un petit fœtus en pleine forme (touchons du bois !), qui passe déjà ses journées à jouer et explorer, et qui passera probablement le reste de sa vie à faire de même… Ainsi va la nature humaine ! Et lorsqu’on me demandera pourquoi je permets à mon enfant de faire ce qu’il veut, je répondrai…….. Pourquoi pas ?

J’imagine que nous sommes tous soucieux de respecter les droits fondamentaux d’une personne autant que possible, quel que soit son âge : avoir une vie privée, se déplacer, s’exprimer, manger et faire pipi quand elle veut, etc. Toute suppression de ces droits devrait être justifiée par la préservation du bien-être de cette personne et de son entourage. On limite la liberté d’action d’un individu lorsque « c’est pour son bien » et pour respecter nos besoins, pour assurer sa sécurité et la nôtre. C’est ce qui nous motive à poser un cadre et assurer l’application de certaines règles. Cela peut même aller jusqu’à programmer les journées des enfants selon un certain rituel (à l’école comme à la maison), car cela leur donnerait des outils indispensables à leur survie tout au long de la vie. La liberté de l’enfant s’en retrouve limitée temporairement (une quinzaine d’années tout de même…), mais c’est pour son bien.

Fort de ce raisonnement, le seul argument qui pourrait raisonnablement m’empêcher de lui accorder une totale liberté d’action serait une crainte qu’il reste illettré, inculte et incompétent. Si ce scénario était probable, je mettrais en péril ses chances de survie dans la société actuelle, et un tel choix serait absurde. Je croyais en un tel scénario il y a encore quelques années, mais depuis que j’ai découvert les écoles démocratiques, ma conception de l’éducation a été chamboulée. Je ne vois plus aucune utilité à la tentative de programmer et contrôler ce qu’apprennent les enfants.

Aujourd’hui, je pense que de telles pratiques ne garantissent pas aux enfants un avenir en sécurité. Au contraire, il me semble que ces pratiques auraient même tendance à nuire à leur prise d’autonomie et à l’épanouissement de leur potentiel. J’ai été exposé à suffisamment d’information pour modifier ma vision du monde, notamment les nombreuses expériences démontrant que des enfants ayant passé leur temps à jouer et faire tout ce qu’ils veulent deviennent des adultes pleinement autonomes et satisfaits. J’ai passé en revue les rapports de la Sudbury Valley School sur leurs anciens (voir Pursuit of Happiness et Legacy of Trust). J’ai rencontré des personnes ayant grandi sans programme : Pim, Simone, Armand, Hélène, André, Auriane, Océane, Benah, Maggie et Scott pour en citer quelques-uns. J’ai observé l’évolution des membres de l’école Dynamique sur une année. J’ai aussi observé ma propre évolution sur une année d’école Dynamique.

Toutes ces sources se recoupent pour construire une vision du monde m’amenant à raisonnablement converger vers un seul choix possible : laisser mon enfant tranquille !

 

* : pour assurer la sécurité des membres, les règles de l’école Dynamique pour les sorties sont cadrées par une autorisation parentale et une certification accordée par l’école. Dans les faits, les enfants ont la confiance de l’école et des parents pour sortir seuls et sans supervision à partir de ~9 ans.
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2 réflexions sur “Un choix éminemment personnel

  1. Grâce à votre persévérance, vous nous préparez la forme judicieuse d’enseignement aux enfants de demain.
    Vous avez compris les enjeux et surtout mis en application vos idées.
    Un certains nombres de parents vous regardent « derrière leurs rideaux » pour voir comment va se dérouler cette nouvelle forme d’enseignement.
    Grâce à vos lettres d’explications, vous allez pouvoir faire germer cette belle graine dans la tête des nouveaux parents, pour que leurs enfants soient heureux d’aller à l’école.
    C’est dans ce genre d’école, que j’aurai aimé aller, il y a 65 ans…

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  2. Bonjour,
    Comment est-ce encore possible de laisser une telle liberté dans les apprentissages, avec la nouvelle directive qui impose même aux enfants en IEF d’avoir le même niveau, à année égale, qu’un enfant scolarisé ?
    Aurais-je mal compris la directive ou ne s’applique-t-elle pas dans votre cas ?

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