Sanction – le mot qui fâche

Voici le contexte : à l’école Dynamique, nous avons un règlement intérieur, dont chaque règle, votée à la majorité absolue, peut être remise en cause à tout moment par une proposition alternative au Conseil d’Ecole. Lorsqu’un membre de l’école est témoin d’une transgression au règlement en vigueur, il la signale en écrivant une plainte (ex : « X et Y ont mis le bazar dans la salle d’art et n’ont pas rangé »). Le lendemain, cette plainte est traitée par le Conseil de Justice (CJ) qui décide d’une sanction si la transgression est avérée (ex : « interdiction d’utiliser la salle d’art pendant 3 jours »).

Ce fonctionnement fait froncer de nombreux sourcils, en particulier chez les apôtres d’une « éducation » « bienveillante » qui prônent de toujours traiter « l’enfant » de manière « positive » (je livre mes perspectives sur ces mots en couleur à la fin de l’article).

La sanction aurait un caractère négatif et violent qui pourrait causer des frustrations voire des traumatismes chez l’enfant, et ce serait une « méthode éducative » (cf. pédagogie institutionnelle) qui aurait déjà largement démontré son inefficacité. Il y aurait aussi un risque que le Conseil de Justice soit manié de manière démesurée par des enfants trop immatures qui ne sauraient exercer un tel pouvoir de manière suffisamment juste et sage.

Tous ces risques, que j’ai mis au conditionnel, sont bien réels ! L’objectif de cet article n’est pas de démonter une critique du modèle ou faire l’éloge du caractère génial de la sanction. En fait, je peux imaginer qu’une école reprenant un modèle d’organisation inspiré de Sudbury puisse tomber dans de périlleuses dérives. En créant une école démocratique plutôt qu’autocratique, il y a des chances qu’elle soit tout aussi totalitaire et violente.

Or, il suffit de passer une journée à l’école Dynamique pour constater la qualité des liens, la sincérité dans les échanges, à quel point les membres de tous les âges se traitent d’égal à égal, que ce soit en CJ ou en dehors… et ce malgré les 150 sanctions actées pendant le mois de septembre ! Le secret de notre réussite ne réside pas uniquement dans l’outil démocratique. Pour la comprendre, il faut s’intéresser en premier lieu aux fondements philosophique en amont de la création d’un tel outil. La démocratie directe n’est pas une finalité en soi, mais un outil au service de la protection du préambule à notre règlement intérieur :

« Tous les membres du Conseil d’Ecole sont responsables du climat de l’école. Leurs actions doivent donc contribuer à en préserver l’atmosphère de liberté, de respect, de justice, d’ordre et de confiance qui sont  les principes fondamentaux et la raison d’être de l’école. […] « L’école se veut être un espace de liberté permettant à chacun d’agir comme bon lui semble, dans la mesure où ces actions sont respectueuses des autres membres et de l’école. »

L’institution est purement au service de ce préambule. Dès qu’une institution (quelle que soit sa taille) commence à assouvir des besoins individuels qu’elle a déterminés comme étant pour le bien de l’individu (et notamment lorsqu’elle s’intéresse aux « besoins éducatifs » d’un de ses membres), c’est le début d’une dérive qui ne m’intéresse pas, et j’ai fait le vœu personnel de fuir toute institution qui voudrait interférer dans mes choix personnels. La partie de l’institution que je reconnais est celle qui assure les fonctions régaliennes de protection des libertés individuelles.

Enfin, je vais revenir sur les mots en couleur du début de l’article, pour tenter de clarifier notre rapport à la sanction.

Education : malgré le fait que nous nous appelons « école » Dynamique, nous n’éduquons pas les enfants. Nous sommes un collectif de personnes considérées comme égales face à une institution dont la finalité n’est pas d’éduquer qui que ce soit. Sa seule finalité est de protéger notre cadre de vie collective. J’insiste : lorsqu’on décide d’une sanction, on n’essaie pas d’éduquer la personne, de lui faire comprendre quelque chose ou de changer cette personne. Tout cela est son affaire personnelle. Si la sanction était un geste ancré dans une telle intention, je la considérerais comme violente. L’éducation est l’affaire personnelle de chacun ; le traitement d’une transgression au règlement est l’affaire du collectif.

Or, c’est un geste de solidification et de protection du cadre, qui n’a rien à voir avec de l’éducation, car il s’applique de manière égale à tous, indépendamment de l’âge ou du degré perçu de maturité des personnes concernées. C’est un geste qui rend certains comportements impossibles à entretenir à moins d’accepter les conséquences prévisibles qui viennent avec. Si le membre souhaite arrêter de recevoir ces sanctions, il relève de sa propre responsabilité de trouver et appliquer une stratégie visant à éviter de transgresser ces règles à l’avenir. Il ne sera pas accompagné dans cette évolution ; par exemple, il ne bénéficiera pas de renforcement positif et de félicitations d’un éducateur lorsqu’il montrera des signes d’amélioration, visant à l’encourager à adhérer au cadre. Adhérer au cadre est son choix personnel, et il peut à tout moment démissionner de notre école si le règlement intérieur lui est invivable.

Bienveillance (selon le Larousse : disposition d’esprit inclinant à la compréhension, à l’indulgence envers autrui). Même si les échanges pendant le CJ se font plutôt sur un ton neutre et doux, la posture du collectif est particulièrement intransigeante envers les comportement contraires au règlement. Je pense que la culture de notre école a évolué vers toujours plus d’exigence, car lorsqu’on prend vraiment au sérieux la quête vers l’ultime protection des libertés individuelles, on a tendance à associer la liberté à une protection ultra-rigoureuse du cadre. Je ne pense pas que le CJ puisse être qualifié de bienveillant, mais pas de son contraire non plus. Je qualifierais plutôt le CJ de stoïque, émotionnellement neutre, impartial, non-jugeant, non-culpabilisant, mettant simplement l’individu face à sa part indiscutable de responsabilité. Le comportement a émané de l’individu ; c’est un fait. Que ce soit intentionnel ou pas, conscient ou pas, il est responsable de ce qui émane de lui. Il n’y a pas lieu de se sentir coupable, mais de purement et simplement constater cette part de responsabilité.

Enfant : qu’est-ce qu’un enfant ? Je vous défie de définir précisément ce que c’est. Si on différencie l’enfant des autres personnes qui peuplent le collectif, à quoi cela mène-t-il ? Doit-on les traiter différemment ? Être plus indulgent car ils seraient moins capables ? Quand est-ce qu’on sort de l’enfance ? Qui a le pouvoir de juger de cela ? Face à ces impossibles questions, la posture du Conseil d’Ecole est simple : la notion « d’enfant » n’existe pas à ses yeux. Les membres ne sont catégorisés d’aucune manière. Ainsi, le règlement s’applique à tous de manière égale quel que soit l’âge.

Positif : un des anciens parents de l’école critiquait vivement notre système de CJ et notre boîte à plaintes. Il disait qu’il fallait équilibrer les choses avec une « boîte à félicitations ». Comme si la plainte et la sanction étaient des « bâtons », il voulait qu’on mette plus de « carottes » pour compenser. Je me souviens d’une conversation de plus d’une heure où j’essayais d’expliquer l’abysse qui sépare le monde de Pavlov et le nôtre, mais rien n’y faisait. Tant qu’on maintient une perception « négative » ou même « positive » concernant l’acte de déposer une plainte dans notre boîte ou celui de sanctionner, c’est qu’on a encore du chemin à faire pour comprendre ce système.

Ces actes ne sont ni positifs ni négatifs. L’acte de déposer une plainte est l’exercice d’une responsabilité que toute personne doit prendre pour participer au respect de notre Préambule au règlement. L’école fonctionne ainsi, et toute personne ayant un problème philosophique avec cela devrait songer à rejoindre une autre école. Nous sommes une des rares écoles où les adultes ne surveillent pas les enfants, et le moyen que nous avons choisi pour assurer le respect du règlement est que tous les membres sont responsables de signaler les transgressions. On n’est pas obligé d’adhérer. C’est un choix constitutionnel parmi tant d’autres constitutions possibles.

L’acte de sanctionner une transgression au règlement est tout aussi neutre. Par exemple, dans le cas de l’interdiction de X et Y d’utiliser la salle d’art pendant 3 jours, cela garantit que la salle d’art ne sera pas pourrie par X et Y pendant au moins 3 jours (à moins qu’elles ne respectent pas leur sanction, et là, elles savent qu’une suspension les attend). Le 4ème jour, si X et Y remettent le bazar dans la salle d’art, elles savent qu’une interdiction supplémentaire de la salle d’art les attend le lendemain en CJ. Ça a l’air assez bête et basique dit comme ça, mais je ne sens pas le besoin de faire plus compliqué. Des éducateurs s’intéresseront peut-être à comprendre leur besoin profond : « s’ils pourrissent la salle d’art, c’est une manière de s’exprimer, et nous avons le devoir d’identifier ce besoin et y répondre ». Cela ne m’intéresse pas, mais alors pas du tout. Si quelqu’un avait une telle intention à mon égard, je trouverais cela infantilisant. Je n’ai pas envie qu’on cherche à comprendre mes besoins profonds lorsque je transgresse une règle. Je n’ai pas envie qu’on me psychologise sans que je le demande ; c’est hyper intrusif. Mon développement personnel me concerne et je n’ai pas besoin d’une aide non sollicitée.

Le règlement, les plaintes, les sanctions : tout cela est prévisible. Ça fait partie du paysage, comme une évidence. C’est la fiction que nous avons choisie, convaincus qu’elle facilite le vivre-ensemble en respectant l’espace privé de chaque individu.

La sanction… le mot fâche-t-il toujours autant après cette lecture ?

justice

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12 réflexions sur “Sanction – le mot qui fâche

  1. Merci pour cet article. J’observe que le mot « sanction » vient me chatouiller voir piquer quelques souvenirs et par conséquent il y a une très grande part de subjectivité lorsque je le rencontre. Et si je suis tout à fait honnête avec moi même, suite à cette lecture, je me rend compte que si je pointe du doigt l’utilité de la sanction c’est parce que je dérive du but qui le vôtre en conseil de justice et que je ré-instaure quelques croyances au passage sur l’éducation ! Ah ah ! Encore merci pour ce brin de clarté que cet article vient de nourrir.

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  2. Il va de soi que si en plus les élèves de votre école viennent d’établissements traditionnels, il ne leur ai peut-être pas aisé de prendre leur propre responsabilité et d’agir dans les règles du savoir vivre.
    Pratiquant la parentalité bienveillante et positive, je ne peux l’appliquer à 100% dans mes cours d’accompagnement en milieu scolaire. D’abord, parce que mes méthodes ne sont pas appliquées ni dans l’école ni au sein des familles et que donc les enfants ne comprennent pas ces méthodes et ont en même peur. J’ai rencontré des enfants tellement habitués à se faire crier dessus que lorsque je leur parle d’égal à égal se mettent à pleurer. Ils y voient un piège. C’est douloureux à vivre et pour eux et pour moi. Ensuite, il faut un temps d’adaptation et de compréhension : c’est par là que l’autonomie passe et la prise de responsabilité aussi. J’ai donc mis en place un compromis semblable au vôtre.
    Mes enfants baignent dans cet accompagnement bienveillant et respectueux depuis leur venue au Monde. Et malgré cela, ils ne font pas ce qu’ils veulent, tout comme mon Mari et moi. Nous vivons à plusieurs sous un même toit et avons à cœur de tenir le lieu de vie propre, agréable et harmonieux, à cœur de bien vivre dans notre ville, notre pays. Nous y suivons donc toutes les règles.
    Maria Montessori disait : « Tout l’art de vivre consiste à se soumettre au réel ». Et dans le réel, la vie ici-bas, il y a des règles à suivre.

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  3. Bonjour,
    Moi, je trouve votre fonctionnement démocratique super (Conseil de Justice et Conseil d’Ecole) et je pense que vous ne devriez même pas vous justifier… (est-ce que les autres écoles se justifient sur leur règlement ? Non !). Et les parents qui ne l’approuvent pas peuvent trouver leur bonheur ailleurs, il existe plusieurs écoles alternatives où la bienveillance/éducation positive est au cœur du projet (ex : l’école du Hêtre Bienveillant en Picardie).
    Vos règles sont aussi nécessaires que l’est le Code de la route pour la conduite ou les lois pour la vie en société… Ce n’est effectivement ni bien ni mal car il n’y a pas lieu d’y mettre du subjectif.
    Je voudrais juste émettre une petite exception pour les « élèves » de 3 ans. Les neurosciences ont montré – je ne me souviens plus de l’auteur ou de l’étude, sorry – que les enfants de 3 ans n’avaient pas la maturité neurologique ou le stade de développement nécessaire pour accomplir certaines tâches, comme par exemple, celle de ranger leur chambre spontanément et systématiquement (il faut les accompagner pour le faire). De nombreux parents ont donc puni (souvent violemment) leurs enfants à tort en attendant d’eux quelque chose qu’ils n’étaient pas aptes à faire. Je ne trouve pas que reconnaître ce fait soit de l’infantilisation. Il faudrait que je retrouve le tableau de ce qu’on peut attendre d’un enfant en fonction de son âge. Pour moi, cela mettrait un peu d’équité dans le processus, et il n’est pas question de faire du développement personnel ou de résoudre les problèmes de l’enfant, on est d’accord. Du coup, je rejoins un peu vos interrogations passées sur l’aptitude d’un enfant de 3 ans à vivre le processus démocratique (est-ce vraiment possible à cet âge ? Devrait-on limiter ce type d’écoles aux plus de 6 ans, etc.). Bravo en tout cas pour votre beau fonctionnement démocratique !

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    1. Bonjour Laure. Merci beaucoup pour ton soutien. Effectivement je n’ai pas besoin de justifier ce qu’on fait… je fais ce que je veux 🙂 il me semble utile toutefois d’écrire régulièrement à son sujet pour clarifier ma pensée et aider à clarifier les choses pour d’autres écoles similaires. L’école est effectivement adaptée à partir d’une capacité permettant le minimum d’autonomie pour comprendre le CJ et ses sanctions. Quelque part entre 3 et 5 ans. Avant c’est compliqué de vivre dans une telle école.

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      1. Bonjour,
        C’est LE point qui soulève chez moi une interrogation, ou plutôt un frein : l’exclusion de fait des personnes trop jeunes / trop vieilles / trop « différentes » (handicap diagnostiqué ou non) pour comprendre le CJ et ses sanctions.
        Le vivre-ensemble serait me semble-t-il plus juste s’il incluait toutes les facettes de la société.

        NB : je n’ai pas dit que c’était mieux au sein de l’EN, évidemment !
        C’est juste une pierre dans ma réflexion, que je partage.
        Merci donc de l’aborder de manière aussi limpide.

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      1. Oui, certes. Cela dis, en lisant votre article sur le cas d’un enfant pour lequel vous avez envisagé l’expulsion pour conclure à une « sanction » intermédiaire en vous félicitant de correspondre aux dernières données des recherches en neurosciences, je tiens à vous préciser que cette recherche en neuroscience a aussi (surtout ?) beaucoup sorti des résultats qui vont à l’encontre de votre démarche avec le CJ puisque la recherche a permit de montrer l’effet néfaste de la punition quelle qu’elle soit.
        Vous pouvez tout à fait justifier cette démarche en disant que c’est celle que l’on trouve dans la société mais pas, il me semble, en vous appuyant sur les neurosciences (en tout cas pas les données que je vais vous présenter, peut être d’autres). Par ailleurs, le fait que la société agisse ainsi n’est pas un gage de « bien » ou « mal », c’est juste un fait, neutre, qui peut être complètement dégradant ou parfaitement bienveillant.

        Un lien vers la source de mes sources si je puis dire : Catherine Gueguen
        http://apprendreaeduquer.fr/preuves-neurosciences-education-bienveillante/
        La forme de l’article ne va pas vous convenir c’est certain, l’article est formulé dans le sens « apprendre à éduquer » mais les données factuelles sont là : la bienveillance et l’empathie (comprendre ce que l’autre ressent) aident l’enfant à s’épanouir pleinement, les punitions sont des entraves à cela.

        Aviez vous connaissance de ces données scientifiques ?
        Ne pensez vous pas allez à l’encontre de cela avec le CJ ?

        Par ailleurs, hors données scientifiques, le CJ me gêne également car il ne prend pas en compte la faute de la société dans l’acte de l’individu. Par exemple, le fait que le pays ait parqué les immigrants dans des ghettos est grandement responsable des agissements anti-sociétaux de certains de ces enfants de ces immigrés. Le fait de les punir, de manière neutre ou non, ne permet pas de prendre le recul nécessaire pour se rendre compte de la responsabilité de la société puisque c’est elle même qui est juge et partie. Cela peut favoriser les comportements hors-la-loi-de-la-société dans un cercle vicieux dont il est difficile de sortir.
        Avez vous, à un moment donné dans les CJ, un regard et un jugement porté sur, non pas l’individu fautif mais au contraire, le cadre dans lequel l’individu a été fautif, l’historique ayant pu conduire à son geste ? D’après ce que vous dites dans l’article, si j’ai bien compris, non, et cela peut manquer je pense pour éviter qu’un enfant ne se sente acculés ou exclus du groupe s’il n’arrive pas à pointer du doigt la cause de ces agissements (ce qui est fréquemment le cas si on ne lui laisse pas une place spécifique pour le faire). Je ne dis pas que c’est ce qui est arrivé ou va arriver, mais il me semble qu’il manque un garde fou ici.

        Merci pour votre lecture et cet échange.

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      2. Bonjour,

        C’est dommage, j’aurais vraiment aimé échanger avec vous sur le sujet. Loin de moi l’idée d’avoir la science infuse, mais pour échanger des idées et les confronter s’il y a lieu, il faut bien à un moment donné les émettre. J’ai essayé d’écrire de façon à ne pas porter de jugement mais ce n’est pas simple (je ne suis pas formé CNV, et vous ?) et je me sens quand même en désaccord avec ce mode de fonctionnement, et étant donné que je participe à un groupe de réflexion sur la création d’une école démocratique, j’aurais aimé en savoir plus…

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      3. Bonjour Paulin. Désolé mais je suis très pris et je ne peux pas répondre à tous, et d’ailleurs je n’ai pas réponse à tout. C’est difficile de parler du CJ avec quelqu’un qui n’a jamais pu observer son déroulement, car il y a déjà un tas de projections qui viennent avec et qu’il y a d’abord besoin de déformater. Je te fais confiance que tu sais traiter les enfants et toute personne avec humanité, et je ne demande qu’une confiance en retour, qu’à l’école Dynamique, on sait faire de même. La sanction des transgressions au règlement, selon notre logique, est constructive et protectrice et nous permet de bien vivre-ensemble dans la non-violence. Il y a probablement d’autres manières de faire. Nous avons choisi celle-ci.

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  4. Bonjour Ramin, j’ai vraiment commencé à découvrir le concept d’école libre
    fin octobre 2016 en visionnant ton intervention en conférence TED, déclencheur
    qui a permis une révélation. Depuis j’ai lu et visionné de nombreux documents
    et vidéos, informations que je transmets régulièrement autour de moi.
    Je développerai très bientôt un papier de ‘synthèse’ de ce ‘nouveau’ système d’apprentissage
    mais, bien sûr, certaines parties peuvent être moins consensuelles. En particulier le conseil
    de justice cristallisant une certaine ‘gène’. En effet, se voir entourer par plusieurs jurés
    et/ou juges, de façon potentiellement régulière, pour de ‘petits faits/actions’ me semble
    possiblement intimidant au minimum. Bien sûr les règles sont connues et le ‘collège’ des
    participants et l’ambiance se veulent le plus neutre possible. Soit. On s’habitue à
    beaucoup de choses et si la première fois est probablement intimidante pour l’accusé
    la seconde le sera moins et ainsi de suite. Cela peut même servir à déployer une argumentation
    intelligente, subtile du déroulement des faits reprochés et permettre par exemple de s’entraîner
    à une future carrière. Soit. Cependant on consigne les faits et de nombreuses personnes
    sont au courant. Cela signifie que la ‘vie privée’ est mise en lumière (même si on ne se trouve bien sûr pas isolé
    physiquement sur une île déserte). Que les autres sont au courant d’éléments qui auraient pû être contenus dans une sphère informationnelle plus petite. Trop fortement ? ‘Trop’ est relatif bien sûr et dépend de son propre univers acceptable. Chaque événement de la vie change son cerveau. Et passer devant un conseil de discipline
    n’est pas neutre. Pas du tout. Indiquer que ce conseil ne ‘fait pas comprendre’ quelque
    chose est étrange. C’est au moins un message que l’on veut faire passer pour que quelque chose
    change. Il s’agit d’une action entreprise pour modifier un comportement ponctuel/récurrent.
    Egalement le fait de ne jamais chercher à comprendre les actions ou comportement d’un individu
    qui perturbe le ‘cadre’ est aussi quelque peu étrange. Ne pas chercher à ‘comprendre’
    chaque geste, chaque parole, oui bien sûr car cela est trop intrusif et demanderait un temps que l’on n’a pas.
    Mais discuter, parfois, de façon directe ou indirecte sur un ‘sujet’ peut certainement
    aider à ‘améliorer’ les interactions et l’ambiance ‘positive’.
    Choisir ses mots est difficile et l’on ‘oublie’ parfois d’y glisser quelques atténuateurs
    pour éviter les ‘jamais’ et les ‘toujours’. Equilibre délicat quand on veut avancer de façon
    la ‘plus’ efficace (dans un espace de contraintes matérielles, temporelles et sociales).
    Radical mais pas trop en quelque sorte.

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  5. Moi je ne suis pas fâché avec ce mot. Pour moi j’appelle cela l consequence d’un acte. Car dans la vie réelle il y a toujours une conséquence à un acte.
    Ma seule difficulté (et la c’est encore un travail personnel) c’est de trouver une conséquence cohérente face à l’acte transgresseur. Et au sein d’une famille (pas d’une école) on ne peut pas tout transformer en sanction, l’implication n’étant pas la même et le relationnel non plus.

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